‹ Le Maréchal Davout, Prince d'EckmühlChapitre 5 sur 63 · Page 111 de l’Avant-propos · texte numérisé non relu

Page 111 de l’Avant-propos

CORRESPONDANCE INÉDITE

toutes les lettres adressées à des officiers, bas-officiers, cavaliers, soldats, etc., qui paraissent suspectes, sont saisies par les chefs qui les brûlent.

Il n’est pas besoin, je crois, d’exciter votre indignation autrement (pie par l’exposé pour vous engager à arranger cet article, dans votre journal, à votre manière, et de le communiquer, s’il est nécessaire, aux autres journalistes, afin d’exciter l’armée à réclamer contre cette vexation.

J’ai eu rhonneur d’en faire part à monsieur le comte de Mirabeau, ipii prendra sûrement en considération cet article qui est une des principales causes du peu de progrès que les nouveaux principes ont fait dans l’armée.

J’ai l’honneur d’être. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Le Ch"' Davout,

Officier au régiment Royal-Champagne, cavalerie.

P. S. Je vous prierai. Monsieur, de taire mon nom, si vous jugez à propos de parler de (juehpie chose dans votre journal : car si monsieur de Fournèze, le colonel du régiment, député à l’Assemblée Nationale (mais de ceux qui sont du coté droit de la salle), si monsieur d ' Fournèze, dis-je, venait à en avoir connaissance, il ferait tout son possible pour me nuire ; il y réussirait sûrement, car dans notre régiment il y a plus d’un aristocrate. Gardez-moi le secret, et, en bon patriote, je vous dénoncerai encore bien des injustices ([ue nous avons la sottise de souffrir. Nous sommes plusieurs ipii travaillons à en faire un recueil que nous vous enverrons dans quehjue temps; mais c’est à condition que vous nous garderez le secret.

A HesJin, ce 21 avril 1790.

LE iMAIlÉCIlAL DAVOUT

Armée de la

Moselle.

Au quartier général, à Strassen, le i Germinal, an III delà République.

Le général de brigade Davogt a son ami Ambert.

.Te t’envoie, mon cher ami, le déserteur Gond, afin que tn lui remettes l’arrêté du représentant du peuple Neveu, pour toucher auprès du payeur général la somme (pii lui est accordée par cet arrêté.

Comme je lui ai avancé 125 fr., je mande au payeur, dans une lettre que tu trouveras ci-jointe, (ju’il lui retienne sur les 300 (r. les 125 fr. .le le prie de te remettre cette somme. Tu pourras, en lui envoyant ma lettre, écrire un mot au bas, afin qu’il ne fasse aucune difficulté.

Demain j’aurai le plaisir de dîner avec toi, soit chez ïolmey, soit chez toi. En attendant, je t’embrasse.

Ton sincère ami,

Je t’envoie aussi la copie de l’arrêté de Neveu que tu m’as envoyé dans le temps.

Aj'mée

de lihiri-et-Moselle.

Au quartier général, à Spire, le 4 Prairial, l’an 111 de la République française, une et indivisible.

Le général de brigade Davout a son ami Bourbotte.

On vient de me faire le rapport, mon cher ami, (jue Maupertuis avait vendu le cheval de la république qu’il montait; je l’cn préviens, afin que tu puisses lui donner une forte leçon lorsque tu le verras.

COHRESPÜNDANCE INEDITE

C’est être vicieux de b en bonne heure : il parait (jue ce jeune homme était tiès dérangé; Ix-aucoup de personnes sont venues me faire des réclamations; il est d’autant plus coupable que, de la part de ses parents, je lui ai remis, depuis (juatre ou ciiKj mois, prèsde 14 à l,b00 francs, somme plus que suffisante jiour ses besoins, puisque, vivant chez moi, sa nourriture ne lui coûtait rien. Il faut <pie ses parents le surveillent de près et répriment ses penchants au vice pendant (pi’il est encore jeune. Il a joué de très mauvais tours à un de mes domesti(iues, annonçant beaucoup d’indélicatesse.

Pans deux jours je serai rendu à ma destination , devant Mayence.

Je ne puis t’exprimer, mou ami, combien j’ai eu l’àme serrée et navrée toute cette journée, diqiuis mon entrée dans le Palatinat jusqu’à Spire, ce (pii fait (juatre à cinq lieues de pays.

J’ai vu les plus belles plaines du monde incultes, délaissées, au jxiint (ju’il n’y a jias, je crois, un jioucc de terre de remué. J’ai jiris, eu passant dans les villages, des informations : plusieurs de ces malheureux m’ont dit (jue c’étaient l(‘s commissaires-grijijæs (pii en étaient les auteurs; cpie ces gens leur avaient tout enlevé, chevaux, vaches, Ixeufs, etc., jus([u’aux vitres, jus(|u’à des tuyaux de jioële; aussi l((s maisons ont l’air d’étre inhabitées.

Enfin, mon cher ami, toutes les atrocités ])ossibles ont été commises j)ar ces abominables scélérats; ils ont mis dans jdusienrs villages des femmes eu réipiisition pour satisfaire leurs infâmes désirs : ma |)lumese refuse à retracer ce dont mon cceur est déjà si indigné. 11 n’y a rien (pièces scélérats n’aient fait jjour rendre en horreur le nom li'ançais dans tous ces jiays comjuis jiar la valem* de nos armées. La nation tôt ou tard fera justice de tous

ces brigands (jui, plutôt que d’évacuer les comestibles, se sont amusés à ruiner tous les malheureux, habitants et ont jeté à l’eau le blé, ce dernier fait est certain. Tu vois qu’il y avait des monstres qui travaillaient à l’extérieur à faire détester le nom français, comme il n’en existe que trop aussi, dans ma malheureuse patrie, qui voulaient y faire détester le républicanisme en commettant, sous cette ombre sacrée, des forfaits que la postérité ne voudra pas croire. Enfin, ce malheureux temps est passé, et certes, pour toujours: la paix est faite avec plusieurs princes de l’empire et sur le point de se conclure avec beaucoup d’autres; le passage du Rhin, que très certainement nous ne tarderons pas à tenter, et (jui, suivant toutes les apparences, réussira, achèvera le reste et nous donnera une paix générale. Fasse le ciel que cette paix existe aussi dans ma patrie; qu’il serait douloureux pour ceux d’entre nous qui auront échappé à tous les périls de la guerre de ne point trouver dans leur pays un bonheur qu’ils ont si bien mérité et gagné ! Serons-nous encore exposés à la tyrannie de quelque comité révolutionnaire, de quelque club, et par quelle fatalité faut-il que nous ne sachions à quoi nous en tenir, qu’au lieu d’avoir de l’espoir, nous n’éprouvions que des craintes; pourquoi tous les Français ne sont-ils pas les témoins de la fraternité, de toutes les vertus républicaines qui régnent dans nos camps; à la vérité, il ne se trouve pas de brigands parmi nous, mais le nombre de ces derniers est-il donc si grand dans ma patrie? Je ne le pense pas.

Que la Convention fasse poursuivre les dilapidateurs de la fortune publique et les assassins ; il ne restera plus dans la société que des braves gens, qui auront quelquefois des dissidences d’opinion, mais qui sym-

CORRESPONDANCE INEDITE

patliiscront de cœur et qui abjureront bientôt tout esprit de vengeance.

Mais, pour cela faire, il faut de l’union dans la Convention, il faut (jue tous les députés oublient l’opinion qu’ils ont professée à telle ou telle époijue et se rappellent seulement ({u’ils sont Français: malheur à ceux qui ne sont pas glorieux de ce titre!

Il n’y a pas un soldat dans l’armée (jui ne se sente l’âme élevée en pensant (pi’il est Françaiset (ju’il a contribué pour sa part à la gloire dont ce nom est couvert chez les autres nations de l’Europe.

Les nouvelles des 27 et 28 que j’ai lues à Strasbourg, m’ont vivement affecté; on y a jeté encore dans l’Assemblée, comme pomme de discorde, la constitution de 1793. Eb bien, discutez froidement les articles que l’on trouve mauvais, et si, après un mûr examen, vous le trouvez aussi, le bonheur de la France vous fait un devoir de rectilicr ce (|ui pourrait faire pendant des siècles le malheur de plusieurs millions de vos concitoyens.

11 me semble, moi, (pie si j’ét.iis dans l’Assemblée, j’émettrais franchement mon opinion, (jue je la soutiendrais sans invectiver [lersonne, jus([u’à ce qu’on m’ait prouvé (]ue j’ai tort;en tenant cette conduite, on ne se fait pas d’ennemis et l’on ac([uiert l’estime de ses compatriotes.

Oui, si j’étais dans la Gonveiition actuellement, je m’élèverais avec force contre les massacres derniers de Lyon, parce (pie peu m’importe (pie les victimes soient réputées terroristes ou royalistes (je les hais autant les uns (jue les autres); il n’en est pas moins eonstaiit (pie ce sont des assassinats, puisipie ce n’est pas en vertu d’un jugement (pr’ils sont mis à mort, et si la Convention

ne se prononce pas hautement contre ces atrocités, la France n’otfrira plus que des égoi’gés et des égorgeurs.

Voilà de tristes vérités qui al'Iligent le cœur de ton brave ami, (|ui cherche la vérité et qui veut le bien. Il pourra avoir quelquefois des opinions erronées, mais son cœur sera toujours pur, tout dévoué à sa patrie et à ses amis. Tu sais (jue tu es un des premiers que je voudrais voir réuni avec moi ; que d’inquiétudes j’aurais de moins, je ne craindrais pour tes jours qu’un jour d’action. Eh bien, je t’avouerai que, dans le poste délicat que tu occupes, je crains sans cesse; je t’en conjure, par notre amitié, éloigne-toi de toutes les factions, ne crains point de revenir sur des opinions erronées que tu pourrais avoir émises ; veux-tu que je te donne un exemple ? C’est Tallien que je te citei’ai; certes il a émis bien des opinions qu’il se reproche aujourd’hui peut-être, mais il a eu le bon esprit, du moins, de ne pas s’entêter à soutenir ses œuvres passées et des systèmes mauvais.

J’ai vu avec peine (jue tu te sois mis en butte à la haine de beaucoup de monde par la demande d’appel nominal : dis-moi, si, dans un moment où les esprits sont exaspérés par les circonstances, ou par toute autre raison, on avait adopté la proposition qui avait été faite de mettre en arrestation tous les députés qui avaient signé cet appel nominal ? Eh bien, mon ami Bourbotte aurait été sans aucun fruit pour la républicjuc : persécuté, enfermé dans un château de Ham, des journalistes auraient imprimé que tu étais un scélérat. Tous ceux qui auraient lu le journal, et qui, comme moi, n’auraient pas été ton camarade d’enfance, ton ami; qui ne connaissent pas comme moi, ou ceux qui ont vécu avec toi, ta belle âme, ton cœur généreux et obligeant, ta

COUUESPONDANCE INÉDITE

bravoure; ((ui ignorent ({ue tu t’es battu dans la Vendée comme un brave soldat; ([ue tu as eu des chevaux tués sous toi; tous ceux-là, dis-je, le croiraient : tes ennemis profiteraient de la circonstance, et s’ils ne parvenaient pas à te perdre, au moins il resterait toujours une cicatrice des calomnies ([u’ils auraient débitées à leur aise sur toi.

Songe que l’àme de ton ami sera profondément atlligée de tous les malheurs (jue tu pourrais éprouver; songes-y, afin que cette idée te porte à t’éloigner de cette mer orageuse où tu es jeté; ancre-toi toujours au port qui est la majorité de la Convention, qui, je crois, toute entière veut ce que nous voulons tous : la république, et ce que nous aurons malgré les intrigues de quelques malveillants qui, il est vrai, dans plusieurs campagnes surtout, cherchent à royaliser et à fanatiser les esprits faibles ; mais <jue peuvent-ils faire contre la presque universalité des Français, contre les armées entières et la Convention, surtout si elle établit le calme dans l’intérieur : nos ennemis ne tablent (pie sur nos troubles.

Je t’en écris bien long, mon cher Bourbotte, malgré cela je ne puis te rendre tontes mes idées, te donner tous les conseils que me dicterait la vive amitié que je te porte : Il faudrait (jue je t’écrive des in-folio. Donnemoi donc de tes nouvelles, il y a des siècles (pie je n’en ai revues; écris-moi toujours à l’adresse (jue je t’ai donnée dans la lettre que je t’ai écrite il y a quelques jours, à mon départ de Strasbourg.

Adieu, mou ami, jouis d’une bonne santé, souvienstoi que ton ami te conjure, dans toutes les occasions et mouvements extraordinaires que la disette momeutauée pourra occasionner, de t’ancrer au port (pii est la

LE MARÉCHAL ÜAVOUT

majorité de la Convention ; souviens-toi, si tu te précipitais dans un parti, qu’en révolution, malgré un cœur honnête et probe, l’on devient facilement criminel. Saus doute si l’on te connaissait comme moi, l’on t’excuserait, en rejetant le tort sur une tête trop chaude et trop facile à exaspérer et tromper ; mais ceux qui ne te connaitraient pas, ah! mon ami, ils voudraient ta perte.

Fais connaissance de Dubois de Crancé, je le connais assez pour répondre de son républicanisme, et, dans les occasions délicates, il pourra le donner de sages avis. Je t’ai souvent l’eproché d’être trop facile et trop complaisant ; si tu n’y prends pas garde, tôt ou tard cela pourrait t’occasionner des chagrins et, par contre-coup, tu en donnerais à ton ami, qui, certes, t’a donné encore aujourd’hui une nouvelle preuve d’amitié autant par la longueur que par le contenu de cette lettre.

Adieu encore une fois.

Cette longue lettre, si vibrante d’amitié, si remplie de sagesse et de patriotisme, nous ofl're , ce semble, le programme de la vie entière du marécbal ; nous avons donc respecté jusqu’à ses incorrections de style, qui rendent la spontanéité de la pensée plus frappante encore. Uniquement occupé du désir de sauver son ami, les paroles s’échappent, ardentes, passionnées, sans souci de la forme, du cœur de Davout (jui s’adresse au cœur de Bourbülte. A ces pages, qui ne furent jamais lues

CORRESPONDANCE INÉDITE

par celui à (jui elles étaient adressées, mais (jiii figurent dans le procès dos inculpés du J '“''prairial (lîourbütte, Ruhl , Soubranyj , nous demanderons encore le démenti d’une accusation trop souvent répétée. On a reproché au prince d’Eckmübl d’avoir abjuré les opinions de Louis Davout. La vérité est que le maréchal, profondément bberal, aimant la liberté d’nn amour tout désintéressé, a renié la république en la voyant oppressive, despotique, cruelle, anti-libérale enfin !

Nous avons vu le maréchal Davout lutter contre Napoléon en faveur de riudépendanco do la Pologne; nous l’avons ^■u encore, comme jiair do France, à la fin do sa troji courte carrière, réclamer énergiquement contre les mesures qui lui semblaient attentatoires à la saine et vraie liberté.

Les pensées exprimées par Louis Davout, dans la très belle lettre adressée à son ami I3ourbotto,à quelques nuances pi’ès, sont donc les mêmes ([ue les pensées exprimées jdns tard par le prince d’Eckmübl : même amour de la France, de l’ordre, do la justice; et si le maréchal a cessé d’être républicain, la faute, si faute il y a, doit retomber de tout son poids sur la républiijiie.

LE MARÉCHAL DAVOUÏ

Ravières, par Ancy-le-Franc, ce 10 Vendémiaire, '

an 111 de la République, une et indivisible.

(A vérifier : il faut que la lettre ait été mal adresiée.) |

Mon cher camarade, !

Je vais te hasarder encore une lettre malgré tes occu- | pations, à l’effet de te rappeler celle (pie Tnrreau t’a t écrite il y a (piehjue temps et que l’on a dû te remettre.

Ce représentant te mandait son étonnement de voir I que, malgré ce (pie Carnot lui avait dit, j’étais encore t dans mes foyers : il te priait de vouloir bien faire ton | possible pour faire disparaître les longueurs, et de com- | muni([ner, à cet effet, la lettre (pi’il t’écrivait, à quehfues J membres du comité de salut public. Eh! bien, mon ami, aucune lettre d’avis ni d’ordre ne me sont encore parvenus. j

Seulement un de mes amis à Paris m’a confirmé ce que Turreau m’avait assuré : je veux -dire ipie j’étais destiné pour l’armée des côtes de l’Ouest.

Voilà tout ce ([uc j’en scais, les délais ({ue j’éprouve font que je n’ose pas croire à ce bonheur, jecrains même d’etre obligé de végéter encore longtemps : je mets ma plus grande espérance dans un homme qui a été à portée de me connaître, qui a vu ma conduite et mes principes dans plusieurs crises de la Révolution, qui sçait (pi’il ne serait pas facile de trouver un citoyen plus dévoué à la cause de la liberté et de l’égalité, oui, \ plus franchement dévoué.

Cet homme qui me connaît, c’est toi; je te remets mes intérêts, et j’ose assez compter sur ton amitié et ton ardent républicanisme pour être persuadé que je ne tarderai pas à être rappelé. Je ne suis ni intrigant, ni n’aime l’intrigue. Aussi, si mes amis qui me connaissent 1

COHKESPONDAXCE INÉDITE

ne me servent point, je cours grand risque de rester dans mes loyers.

Je dois te dire qnej’ai mis à profit, le mieux qu’il m’a été possible, l’année (jue j’ai déjà passée dans l'inactivité : ne pouvant me livrer à la prati(iue militaire, je me suis adonné à la théorie. Adieu, mon ami, pour (pie tu puisse me lire, je vais terminer, mais songe (pi’on laisse dans l’oubli celui qui a fait fusiller Dumouriez*. 11 est vrai (pi’il n’y a guère (}ue ceux ipii étaient sur les lieux qui connaissent cette particularité : toi, tu y étais, tu sçais combien la crise était violente : je me suis contenté d’avoir fait ce (juc me dictait mon ardent républicanisme, et en vérité, sans toi, on n’aurait point sçu la part (jue j’ai prise dans les événements ([ui ont sauvé la patrie à cette époque.

On me laisse ici, sous le prétexte que j’ai été ci-devant, mais observe que depuis le commencement de la Révolution, sans aucun décret j’ai abjuré ces sottises (à l’âge de 10 ans) ; j’ai remis une pension de 200 livres que I l’on m’avait donnée comme cadet-gentilhomme. Observe j que maman, bien loin d’être en possession de droits

1. En me signalant la miseen vente de cette lettre, un ami cherchait ! à expliquer le mot : « J’ai fait fusiller Duinouriez ». 11 faut tout I simplement prendre celte parole dans son acception militaire : « î’ai 1 fait tirer sur Dumouriez. » Dnmonriez trahissait la France au pro- I fit de son ambition, et l’empereur Napoléon redisait au général 15ec- ' ker, lors de son voyage à Uochefort ; « Davout n'aimait que la 1 France ! » Tout comme le jeune officier le dit ici de lui-n.(‘me :

( Davojt avait raison.

^ . La ccrrespondance de la marquise de Coigny, publiée chez I Jouaujt par le bibliophile Jacob, pages 261 et 279, moutre Dumouriez I > traître envers la France et voulant perdre Lauzuii, sans souci des I ; conséquences de cette haine ou de cette envie.

I Ambitieux et perfide, ce personnage nous était instinctivement et I ' profondément antipathique : il nous a donc plu de trouver de sérieux I ■ motifs à un si vif mouvement de ré[ ulsion.

LE MARÉCHAL DAVÜUT

féodaux nulle part, y était soumise au contraire à Ravières, ainsi (jue tout le reste des habitants; elle était tenue d’aller au moulin et au four banal. Mais au reste, qu’importe tout cela! Que l’on regarde mes principes et ma conduite depuis le commencement de la Révolution, dans les archives de l’hôtel de la Guerre. On y trouvera la lettre de cachet que mon ardent patriotisme ', alors, m’a attiré. Mais j’allais entrer dans des détails troplongs.

A Dieu mon cher camarade, crois que, partout où je serai, je te porterai estime et amitié. ,

Salut et fraternité,

Page 1