SOUVENIR DE LA RETRAITE DE MOSCOU
On vient trexhuinor des mémoires authentiques <ii inédits d'un obscur guerrier, d'un modeste tambour du 12® grenadiers, qui faisait partie de la retraite de Moscou, les lignes suivantes, donnant une idée du froid qu'il faisait en 1812 sur la route de VVilna :
« 12«de ligne, où sont vos tambours? » — Le colonel répondit : « — Il y a douze jours que je n'ai plus que » Maurice que voici.
Alors le prince d'Eckmûhl (^maréchal Davout) me dit : (( — Mon ami, mets-toi à la tête de la division et bats la marche. »
Je battis environ trois quarts d'heure et au bout de ce temps, n'en pouvant plus, je me mis à pleurer en disant : « — Mon prince, je n'y puis plus tenir! je vais faire comme les autres tambours rester en arrière. Mieux vaut mourir, ou être fait prisonnier, que de souffrir pareillement. »
J'avais les mains tout abîmées par les engelures et les cloches. Elles furent gelées ainsi que les oreilles, et je perdis les ongles. Il faisait si froid que les larmes se congelaient sur mes joues.
Alors le prince prit ma caisse et battit, le temps de faire deux cents pas. Ce que voyant, je la repris et recommençai à battre, ayant les mains enveloppées de chiffons.
<ï Nul n'est prophète en son pays » est eepent
COURKSPONDANCE INEDITE ' 299
^lant une trop juste parole de TÉcriture, affirmée par le .succès d'une belle histoire du maréchal Davout, écrite par le major Chiala, dans le plus élégant italien, et précédée d'une lettre du général Petitti Bagliani di Roreto.
Les meilleures feuilles de la Péninsule se sont occupées de ce court et intéressant ouvrage, qui a fait revivre mon père dans plus d'une mémoire. Avec un vif plaisir, nous avons rencontré les paroles suivantes dans un excellent article de V Italie centrale^ du 21 octobre 1880 :
Davout era molto tcnero del nostro pacsc per avervi soggiornato come comandante délia cavalleria francese. Egli conservo scmprc un teoero rccordo di questa vallc lombarda et degli amici che vi aveva lasclato tra cui Tannoverano, Pino, Zucchi, Fontanelli, ctc, etc.
Le Maréchal avait encore d'autres amitiés fidèles à Turin, oii un sabre, par lui donné au général César de La Ville, est pieusement conservé, ainsi que le dit la note qui nous fut envoyée en janvier 1882 par le capitaine Louis Chiala, aujourd'hui major et membre de la Chambre des députés.