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« En effet, si, dans mon métier, je n'avois rempli que l'ordic ordinaire du service, resté colonel comme mes contemporains, je serois encore Directeur avec 7,000 fr. d'appointemens, et j'aurois le moment de ma retraite à ma disposition.
« En nous destituant, il est vrai, on veut bien nous montrer une possibilité d’être rappelés quelques jours. Mais ne sait-on pas que les officiers les plus éprouvés sont les plus usés. Pourquoi s'être hâté de les paralyser par une loi? La nature va s'en charger. Si l'on avoit encore eu des vues sur eux, l’auroit-on devancée ?...…
« Je place ma confiance, Monsieur, en votre équité. Vous considérerez d’ailleurs que c’est la vue de l'avenir qui excite à se surpasser ; et qu'égaliser les récompenses dernières, c’est abattre le zèle au niveau de la tiédeur. Vous ne permettrez pas que ce puissant ressort soit amorti par aucun exemple ?
« Vous profiterez au contraire de toute la lati-
« tude que laissent les décrets pour adoucir « l'existence finale de celui dont la carrière a été
parsemée de misères et de dangers, et qui s’est
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« comporté partout avec la distinction dont les « récompenses même qu'il avoit obtenues sont le « témoignage...
« Tempérez, Monsieur, je vous supplie, les « rigueurs de la loi. C'est bien assez des injures « du dernier âge que près de 45 années d'action « continue et quelque fois outrée ont provoquées. « Faïtes que des récompenses aussi légitimes « soient comprises au nombre des dettes de l'Etat, {ou qu'elles soient compensées sur le fonds de « 2 miilions destiné aux gratifications. Vous ren- « drez plus supportable la triste obscurité où l’on « me précipite ; et j'en conserveroi la plus vive « reconnaissance. »
Mais, le Ministre de la guerre était tombé au moment où le général Desandroüins lui écrivait cette lettre si noble. Il fut remplacé par M. de Narbonne.
Le général adressa donc à M de Narbonne, le 8 Décembre, un double de sa lettre.
Les droits de Desandroüius étaient trop bien fondés et sa réclamation trop juste, pour que le nouveau Ministre de la guerre ne prit aussitôt en main ses intérêts,
Le 15 Février 1792, il adressa, au Présideut du Comité de liquidation, la lettre suivante que nous reproduisons, parcequ'elle est comme le dernier écho des éloges donnés par ses contemporains à notre héres.
« Je ne saurois mieux répondre, Monsieur, au
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