ST LE AR EEE EURE
nuit plus OmMmin lOUS ous nes, par
que ure enir aniun unes fini, ant elle que roit nse ion
Ort
ne oit un est
es
ti es ASE ne NE er NEA HD :
mm LÉ os
à l’anse aux Cabanes, où nous arrivimes à neuf heures du soir.
« J'étois si fatigué d'avoir marché treize à quatorze heures, à travers les branches d'arbres, les chicots et les souches, que je pouvois à peine mettre une jambe devant l’autre. Après avoir satisfait, chez M. de Rigaud, la faim violente qui me prenoit, mon premier soin ‘:t de rendre compte par écrit, à M. le marquis de Montcalm, de mes remarques.
« M. de Rigaud dêpêcha un canot d’écorce en diligence porter ma lettre. M. Mercier, étant resté à demi-lieue du camp dans les bois, à cause de sa fatigue, ne put écrire de son côté. Mais comme nos deux sentiments se rapportoient, cela étoit égal.
« M. de Montcalm étoit parti, le 9, de la baïe de Niouré, avec la Sarre et Guyenne et les 4 pièces d'artillerie. I} recut ma lettre chemin faisant, et elle Iuy fit grand plaisir. Il arriva, le 10, à trois heures du matin, à l’anse aux Cabanes, avant eu le soin de cacher, durant le jour, les bateaux sous des feuillages, pour en dérober la vue aux bateaux que l’ennemy auroit pu envoyer à la découverte.
« M. de Montcalm fit partir le même jour, vers dix heures du matin, M. de Rigaud avec les Sauvages et les Canadiens pour aller s'emparer de l’anse reconnue la veille, se réservant de partir lui-même, vers six heures du soir, avec
ne 40
tout son monde, pour y arriver de nuit en bateau. Il recommanda à M. de Rigaud de faire des feux sur le rivage, pour indiquer le lieu du débarquement.
« Il dépêcha aussi vers M. de L'Hopital, com- « mandant de Béarn, et conduisant l'artillerie et « les munitions, pour l'instruire de ses mouve- « ments et dispositions (1) ».
En effet, Montcalm quitta l’anse aux Cabanes, comme c'était convenu, le 10, vers six heures du soir, accompagné des deux ingénieurs, de Combles et Desandroüins qui l'avaient attendu, et de ses deux bataillons ; et on aborda, vers minuit, l’anse autour de laquelle était déjà M. de Rigaud.
Malheureusement, les bateaux restèrent sur le sable, à cinq ou six pas de la rive, et ne purent aborder. Alors, on s’imagina tout de suite que cette anse n'était pas sûre pour l'artillerie, les poudres et les vivres : on les croyait dejà voir mouillés, et les bateaux pleins d’eau ! « L’anse « étant presque remplie de 150 bateaux que nous avions, on ne manqua pas de me faire reproche là-dessus, et de me demander s’il seroit possible de faire aborder encore plus de cent bateaux que l'on attendoit avec Béarn et l'artillerie.
« J'eus beau représenter que rien n’était plus aisé que de tirer nos bateaux sur le sable, après « les avoir déchargés, pour faire place aux « autres : on m'objecta la difficulté qu’il naitroit
ES
(1) Recueil et Journal, etc.
Le
Er
Eee.
sn: 49 : met
de faire un embarquement précipité si nous avions le dessous. Je répondois que s'il y avoit quelque chose de ce côté, il falloit, de nécessité, renvoyer tous les bateaux à l’anse aux Cabanes, ne conserver que ceux de l'artillerie, des vivres, et faire ensuite retirer les troupes à travers bois où l'ennemy n'oseroit nous poursuivre à cause des Canadiens et des Sauvages.
« Rien de tout cela ne parvint à dissiper une certaine consternation générale , occasionnée par notre prétendue mauvaise position.
« J'étois moi-même contrarié, au-delà de toute expression, de voir si mal réussir ma première reconnaissance, et de me sentir la cause du découragement universel, et l'objet des reproches de toute l'armée en cas du moindre accident.
Mais ce qui avoit achevé de me plonger dans le désespoir, furent certaines paroles prononcées par M. de Bourlamaque, que j'entendis sans le vouloir, dans l'obscurité à côté d'un cercle d'officiers à qui il faisoit la peinture de nos dangers : — Enfin, dit-il, voilà les gens à qui nous sommes obligés de nous en rapporter : ils exposent, sans en sentir les conséquences, le salut de toute la colonie. — Ces paroles me pénétrèrent jusqu'au fond de l'âme.
« N'osant retourner vers M. de Montcalm, je priai M. de Sennezerque de lui dire que s'il jugeoit qu'il y eut le moindre danger, il falloit renvoyer les bateaux à l’anse aux Cabanes, et
ss EE
y faire débarquer l'artillerie. Mais qu'il me « paraissoit bien long et presqu'impossible de « faire de si loin transporter, à force de bras, « notre artillerie et nos munitions jusqu'aux forts. « Enfin je tâchois par ce moyen de diminuer les « reproches, en cas d'échec, le plus qu'il m'étoit « possible, aimant mieux convenir que je m'étois « trompé lourdement, et fournir le moyen de « réparer ma faute, que de voir tant de conster- « nation à mon sujet, parmi tous les officiers de « l’armée.
« Mais Mercier, qui le premier avait découvert « l’anse cause de tant d’ennuis, Mercier, lui, ne « doute de rien, et soutient sa pointe. Il fait « immédiatement débarquer ses 4 pièces d’ar- « tillerie qu'il étale sur le rivage, et cherche à « rendre la sécurité à M. .de Montcalm et à lui « prouver la bonté de notre poste.
« Il rendit, je crois, en cette occasion, un service « signalé. On convint au moins par la suite de la « bonté du poste. Mais je ne sentois alors que le « désagrément d’avoir eu la confiance du général, « et d’être taxé d’en avoir abusé (1) ».
Certes, on conv'2ndra que celui qui a écrit ces lignes joignait, à une modestie sans pareille, une grande et profonde honnêteté : nous retrouverons encore, bien souvent dans la suite, ces deux qualités en Desandroïüins.
Tiraillé ainsi en des sens contraires, ontcalm
(1) Recueil et Journal, etc.
sters de
vert , ne fait l’are à lui
vice e la e le ral,
ces une ons pux
Im
réfléchit quelques instants. Tout pesé, il veut qu’on reste, et on restera. L'évènement lui donna raison.
On tira à sec, sur le sable du rivage, une partie des bateaux, et on manda à toute l'artillerie d'y venir débarquer.
Montcalm était à une demi-heure de leurs forts, et les Anglais n’avaient nul soupçon de sa présence.
Aussitôt la résolution prise de rester où l’on était, de Combles et Desandroüins reçurent l'ordre d'aller examiner le fort Ontario afin d'en déterminer le point d'attaque. La compagnie des grenadiers de la Sarre, et un piquet de Sauvages et de Canadiens, devaient leur servir d’escorte.
Is partirent le 11, avant le lever du jour, et arrivèrent vite à la lisière d'un bois de haute futaie, ayant laissé leur escorte de grenadiers à deux portées de fusil, en arrière. Sur cette lisière, ils attendirent un instant qu'il fit clair. Alors de Combles, qui ne voulait point de Ja société des Sauvages qu'il aimait peu, pria quelques officiers de la Sarre de venir avec lui ; et frappant sur l'épaule de Desandroüins : « Vous, restez-là », lui dit-il. Desandroüins fut surpris de cette parole, d'autant plus qu'ils étaient convenus d'aller ensemble. Cependant, c'était son chef, il obéit sans mot dire. De Combles disparut au milieu des grands arbres et des broussailles.
Desandroïüins, le perdant de vue, résolut de faire seul sa reconnaissance. Il prit avec lui deux Sauvages qu'il avait sous la main, s’avança dans
esp
sn 40
la forêt, et arriva sur la crête d'un coteau d'où Lt l'on apercevait le fort. | | Tout à coup on tira deux coups de canon du fort : c'était le signal du lever. Mais, presqu'aussitôt, une décharge de coups de fusil éclata sur sa
RAA De 0 a
droite, suivie de cris. « Les Sauvages qui % « m'accompagnoient, continue Desandroüins, me « firent signe de revenir. Je crus que les coups de 3 « fusil venoient d’une patrouille ennemie sortie : « dès le matin de ses retranchements : je me Ë
« doutois qu'elle avoit rencontré M. de Combles « et les officiers, et qu'elle les avoit repoussés. « Craignant qu'elle me coupät la retraite, je me « retiroi vers M. de Bourlamaque venu aussi en « curieux, et qui étoit esté avec les grenadiers.
« Mais j'avois à peine fait huit pas en arrière, « que j'entendis M. de Saint-Luc, criant, tout « désolé, que notre pauvre ingénieur étoit blessé « à mort. Je courus de son côté pour Ini porter « secours si c'étoit possible. Je le trouvoi expirant « et étendu à terre, d’un coup de fusil, chargé « d’une balle et d'une poignée de gros plombs, « que lui avoit tiré un Sauvage nommé Hotchig.
« Ce malheureux l'avoit pris pour un Anglois « qui venoit à la découverte. Il le vit passer sous « un tronc d'arbre, poussant sa canne devant lui. « Il crut que c’étoit un fusil ; entendit ou apercut « quelqu'un qui l’accompagnoif, et ne balanca pas « de lâcher son coup ; mais son intention avoit « été de le faire prisonnier.
ER. ee
« Je fus assommé de ce récit et de l'état de mon pauvre camarade que j'embrassoi, et fis transporter sur le champ dans sa tente où il expira une demi-heure après, malgré les soins des chirurgiens.
« M. de Combles avoit reconnu le fort, et avoit dit aux officiers qui l’accompagnoient qu'il étoit content de ce qu'il avoit vu. Ce fut au moment où il faisoit les premiers pas pour s'en retourner, qu'il reçut son coup de fusil, qui fut suivi de la décharge de toutes les sentinelles qui avoient cru qu'on tiroit sur elles (1) ».
Desandroüins était désolé de la mort de M. de Combles. Désormais il restait seul chargé de diriger les travaux matériels du siège, en qualité d'ingénieur ; et cette responsabilité l’effrayait. Il était encore sous l'impression des reproches que lui avaient adressés quelques officiers relativement au choix du lieu de débarquement ; « et il croyoit « lire, dans tous les yeux, cette pensée : Plût à « Dieu qu'on ait conservé le premier aux dépens « du second ».
Montcalm fut fort affligé de la perte du capitaine de Combles ; et Desandroüins dit, dans ses notes, qu’un moment même il songea à abandonner son entreprise.
Mais, le temps n'était ni aux larmes, ni à la douleur. Les hésitations même devenaient un péril. Les Anglais avaient l'éveil, et d’un moment
(1) Recueil et Journal, etc.
TO ve
à l’autre, on les pouvait avoir sur les bras. Montcalm fit prendre position aux troupes rapidement débarquées. Elles campèrent sur une hauteur toute proche et dominant l’anse de débarquement. La gauche était appuyée sur un marais impraticable. Les Sauvages et les Canadiens ne campèrent pas, mais furent répandus dans les bois, à leur ordinaire.
Le reste de la journée du 11 fut employé, par Desandroüins, à percer, avec 300 travailleurs, un chemin qui allait du camp francais à la sortie de la forêt. Le modeste officier ne veut pas se donner le mérite d'avoir reconnu ce chemin. « On dit que « je l'ai tracé en revenant de ma reconnaissance « du matin. Mais ce fut un Sauvage qui marchoit « devant moi et qui me servoit de guide. Je ne « fis que blanchir les arbres à gauche et à droite, « pour indiquer le passage ».
Pendant cette journée du 11, « un bateau que « les ennemis avoient le matin envoyé à la décou- « verte, leur ayant annoncé notre arrivée, ils « firent sortir trois grosses barques contre nous « vers midy, qui vinrent nous tâter. Mais elles « furent fort surprises de se voir vivement saluées, « à la suédoise, des quatre pièces de 11 ; et elles « s’en retournèrent après avoir fait quelques « décharges de leur artillerie sans aucun effet, « et avoir recu quelques-uns de nos boulets dans
leur bord.
« Le 12, Béarn, avec l'artillerie et les vivres,
par , un e de nner que ance choit e ne