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« La sédition fut appaisée au même instant ; et chacun rentra dans le devoir.....
« Toutes ces séditions “enoient de ce qu’on avoit volé, dans le transport de Montréal à Chambly, pour 50 mille francs de marchandises destinées à remplir les magazins de Carillon ! »
Ce fort de Carillon fut encore le théâtre de vols
d’un autre genre, au mois d'août 1758.
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« Découverte de grandes friponneries faites par ceux qui ont conduit, cy-devant, les travaux de Carillon.
« Les chevaux qui conduisent le sable pour le mortier, à la distance d’une petite portée de fusil, sont payés à 25 fr. le voyage. Mais comme il seroit trop pénible de compter les voyages, on a soin de faire une cotte mal taillée de tout cela, et de porter chaque cheval pour seize ou dix-sept voyages par jour. Ceux qu’on a employé à autre chose, sont payés à proportion. Enfin quinze ou vingt chevaux au plus rapportent et sont évalués à dix mille et quelques cents livres clairs et nets par mois ! Là-dessus, il n’y a que l’avoine du cheval à payer. Le foin et la ferrure sont aux dépens du Roy, de même que l'achat des voitures et leurs réparations. Les charretiers sont nourris et payés comme ouvriers. Hiver et été, tout passe pour être employés.
« La cantine rend 180 fr., par barrique, de profit. Par année cela peut monter à cent mil'e francs, clairs et nets.
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« M. de Pont-le-Roy a refusé, en homme « d'honneur et de sentimens, d'entrer d'un tiers « dans tout cela : aussi marche-t-il la tête levée, « et parle-t-il haut.
« Les plus petites entreprises, comme celles de « marchandises, d'outils, se font de part à demy « avec ceux qui sont faits pour conduire les « travaux. Aussi, rien ne se fail bien que leur « forlune.... »
Comment le peuple aurait-il pu se soustraire aux atteintes de cette atmosphère malsaïre qui régnait dans les hautes régions de la société canadienne, et au milieu de laquelle il vivait ? Comment, témoin chaque jour de tant de malhonnêteté, de corruption, de brigandage, ne serait-il pas devenu lui-même malhonnête, corrompu et voleur à son tour ?
Le mal vient de haut, et descend ; rarement il remonte. Le peuple donc imitait les vices des grands. Nous citons toujours Desandroüins :
« Au reste, le mal ne s'étend pas aux seuls « employés dans les postes. Il n’est pas de simple « habitant qui se fasse le moindre scrupule de voler « le Roy. Ils prétendent qu'ils ne font que prévenir « l’avidité des voleurs comme eux, mais plus puissans ! En sorte que ce peuple, dont les pères étoient universellement gens d’une telle probité, que tout sembloit commun parmi eux, et qu'il n’y avoit de serrures ny aux portes des maisons, ny aux armoires, comme cela a lieu encore chez les Acadiens qui portent la vertu au plus haut
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degré ; ce peuple, dis-je, est devenu fourbe, intéressé et voleur du bien du Roy et, à son défaut, de celuy des particuliers, tant est puissante la force de l'exemple pour nous entrainer dans le crime.......
« Il ne luy reste qu'une apparence de Religion, dont il est mal instruit.......
« Cet article vient encore d’un grand vice dans le gouvernement qui a permis de construire des habitations fort éparses, en sorte qu’elles sont toutes séparées les unes des autres par autant de terrain que chacun peut en cultiver : au moyen de quoy, ny le curé ne peut aller instruire ses paroissiens, ny les enfans venir au catéchisme recevoir les instructions. Si ce désordre continue, il faudra un jour envoyer des Missionnaires chez les Canadiens comme chez les Sauvages... »
Mais, il y a chez ce peuple une certaine naïveté impudente, dans ses habitudes de vol :
« Les grands vicaires disent qu'aucun péché « n’est aussi commun que celui de voler le Roy. « Le peuple canadien dit : — Notre bon Roy remet « tout à Päüques ! —..,
« Les plus honnêtes gens en apparence semblent « avoir une façon de penser toute prête pour ce « pays-cy, lorsqu'ils nous arrivent de France...
« Un sieur Maurin, trésorier du munitionnaire, « qui avoit à peine de quoy vivre il y a deux ans, « mène aujourd'hui un train de fermier général. « Chevaux, calè”hes, cariolles, habits superbes,