‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 48 sur 109 · A AA RAR R À À À À · texte numérisé non relu

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« par leur nom, et leur disant : — Nous en aurons « bon marché ; vous êtes tous braves et bons « tireurs ; ils n'osent plus se montrer nulle part,

« Cependant, le soldat sachant que dans les « deux plaines, il n’y avoit que fort peu de retran- « chemens, et qu'elles étaient mal gardées ; « persuadé d’ailleurs qu'on ne le forceroit pas de « front, n’eut plus d'inquiétude, vers le milieu de « l'affaire, que pour ces deux plaines. Ceux de la « droite faisoient passer la parole : — Prenez garde « à la gauche — ; et ceux de la gauche : — Prenez « garde à la droite ! — ce qui inquiétoit Mr. de « Montcalm.

« Il m'envoya plusieurs fois voir si l’on avoit « besoin de secours. Mais partout où j’arrivois, on « me répondoit : — Nous n'avons pas besoin de « secours icy ; mais qu'on prenne garde si l’on « n’auroit pas besoin ailleurs. — Tant il est vray « qu'on est plus occupé des autres endroits que du « sien même ; et qu’on peut présumer que les plus « braves n’eussent pas tenu leurs postes, s'ils « eussent cru l’ennemy dans l’une des deux plaines, « prêt à nous tourner. »

Mais l'ennemi n’avançait nulle part, ni à notre centre où se trouvait Montcalm, ni sur notre droite, ni sur notre gauche, ni dans les plaines.

Vers trois heures, il essaya une diversion sur le lac. Une vingtaine de berges et deux pontons, avec des tirailleurs et du canon, parurent à l’'embouchure de la Chute, dans l'intention de prendre nos

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Me pièces de canon qui en coulèrent deux à fond. fi Le reste prit la fuite qu'on hâta par cinq ou six

autres coups. »

[a « À peu près dans le même temps, une colonne,

RU « assez en désordre, s'avança sur Guyenne, en TE « faisant signe du chapeau et en criant : — Bon EN « quartier.

« Ils l’offroient sans doute puisqu'ils tenoient haut leurs armes. Nos soldats hèsitèrent un instant, et répondirent : — Armes bas ! Armes bas ! — L'ennemy n’en faisant rien, et avancant toujours, une bordée de coups de fusil fut tirée par nos gens qui avoient la moitié du corps élevé « au-dessus du retranchement, et luy tomba de | « tout côté, de manière que peu durent en | à « échapper. »

Etait-ce, de la part des Anglais, un essai de trahison ? Je ne crois pas.

Plus tard, dans les courts intervalles de trêve, on parla de cet incident entre officiers français et anglais. « Les Anglois ont dit qu'ayant vu hausser « et baisser des drapeaux, ils avoient cru que « c'étoit un signal de reddition, et s’étoient appro- « chés au nombre de 20 ou 30, en nous offrant « quartier. Mais, qu’on avoit tiré sur eux impi- « toyablement. Le signal en question étoit les « drapeaux de Guyenne, que leurs enseignes « faisoient voltiger chaque fois qu'on crioit : Vive « le Roy ! »

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