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moins le soir, après avoir remis de jour en jour.
Mais ils n’y ont pas songé ; et tout est dit. Ils
aiment mieux faire la guerre à nos moutons, à
nos poules, à notre eau-de-vie, à notre vin et à
toutes nos provisions. ... »
Ailleurs, il parle de plusieurs Sauvages qui ont refusé d'aller en reconnaissance, sous prétexte « qu'ils ne vouloient pas aller par le même « endroit, où on a fait coup deux fois de suite. « Leur sentiment général étoit d'aller par le lac « Saint-Sacrement. Les plus entêtés ont tenu bon : « les autres se sont laissés gagner. Cette opinion « des Sauvages prouve qu'ils cherchent bien moins « à buttiner, en allant à la guerre, qu'à éviter les « lieux où ils craignent les précautions de l’ennemy. « Mr. de Montcalm n'a pas voulu les forcer à « obéir dans la crainte qu’ils ne fussent tentés « d'abandonner leurs canots ou de les briser, ce « qui actuellement seroit une perte, attendu que « nous en avons très peu.
« Aussi 23 Iroquois sont partis aussitôt pour « leurs villages, refusant de rester parce qu'on « vouloit qu'ils allassent sur le lac. »
Du reste, Desandroüins se plaint continuellement de leur indiscipline et de leur vantardise, de leur amour du pillage et de leur férocité, de leurs habitudes d’ivrognerie et de leur sot orgueil.
Cependant, malgré ces griefs, on continua à se servir des Sauvages tant qu'on les eut sous la main, et des Canadiens : des Canadiens surtout
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qui, après tout, étaient Francais d'origine et se battaient autant pour leur indépendance que pour la mère-patrie ; on continua, disons-nous, à se servir des Sauvages et des Canadiens ; tout comme Montcalm, malgré les tracasseries et les injustices dont il fut l’objet, continua à servir la France, au Canada.
Nous avons laissé notre petite armée de Carillon à peu près étrangère à ce qui se disait autour d'elle, et tout entière à la joie de son triomphe.
La position de Carillon, consacrée par une aussi éclatante victoire, sembla bonne à garder. Et l'armée tout entière se mit au travail, afin de continuer, perfectionner et augmenter encore des retranchements dont la défense avait été une première fois si glorieuse aux Francais.
Chaque jour, pendant trois mois, les dimanches exceptés encore pas tous, et les jours de grande pluie, les bataillons en entiers, où des fractions de bataillons, travaillèrent, soit aux anciennes fortifications, soit à en construire de nouvelles embr'assant les deux plaines qui sont de chaque côté de la pointe de Carillon. Partout on creusa des fossés, on éleva des terrassements, on planta des pieux, on dressa des palissades, on construisit des redoutes, on creusa des casemates, on blinda des ouvrages, on établit plusieurs batteries, enfin on fit de Carillon une position à pouvoir parfaitement s'y défendre au cas d'un retour offensif de l'ennemi.
Pont-le-Roy et Desandroïüins donnèrent tout leur
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