‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 64 sur 109 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Séjour de Desandroûins à Montréal. — Intrigues des Anglais près des Sauvages. -- Desandroüins rédige des rapports sur la défense du Canada.

Plus sombre que les jours d'hiver, s’annoncait, pour le Canada, l’année nouvelle, 1759.

La disette qui avait un moment cessé, grâce aux arrivages de blés et de farines venant de France, sévissait actuellement, presqu’aussi dure qu'elle l'était l'hiver précédent. Faute de semences et de bras, la moitié des terres était restée inculte, et la moisson de 1758 avait été relativement peu abondante.

La population des villes surtout en souffrait cruellement. « À Québec, une armée, de femmes « alla, le 2 janvier, crier misère chez l’Intendant « ui, touché de leurs plaintes, leur acsorda la « la demi-livre de pain, au lieu d’un quart, ce à « quoi on avoit réduit le public, pour la nouvelle « année. (1) »

(1) Deuxième et dernière partie du Journal de Desandroüins qui comprend l’année 1759.

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A ces misères, ajoutez les graves et terribles préoccupations d'un prochain avenir !

Le marquis de Vaudreuil les cachait au gouvernement Français, qui du reste avait cent autres moyens de les connaître. « Il jugeoit « inutiles les avis qu'on vouloit qu'il donnât au « ministre sur la faiblesse de la Colonie, disant « qu'il prendroit, pour l’année prochaine, les « mêmes mesures qui l’avoient sauvée cette année. et mille plaliludes de cette énergie! »

Mais, les officiers, les soldats, la population tout entière n'avaient pas la présomption de M. de Vaudreuil, et ne partageaient point ses espérances.

On se savait abandonné du gouvernement et réduit à ses seules ressources : on comptait les pertes éprouvées dans la dernière campagne, et l'on se disait que nul ne viendrait combler les vides faits dans les rangs : on apprenait de tous côtés, par les rapports des déserteurs et des Sauvages, qu'autour de la frontière s’amoncelaient les forces ennemies, comme en un jour d'orage s’'amoncèlent à l'horizon les noires nuées; et cet orage, on ne pouvait ni le prévenir, ni le détourner ?

Les Anglais allaient en effet, au printemps prochain, nous enserrer dans un cercle de fer qu'il serait impossible de briser.

Une armée de 50.000 hommes, dont au moins 40.000 ‘soldats aguerris de la Vieille-Angleterre,

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et le reste Anglo-Américains qui les valaient presque, se préparait à attaquer huit bataillons Français faisant tout au plus 3.000 hommes, un bataillon de la Marine, et 12 à 13 mille Miliciens ou Canadiens dont l’héroïsme cette fois devait racheter l’indiscipline passée !

Au commencement de Décembre, Desandroüins avait dit déjà : « Vingt mille doivent nous attaquer « au printemps par Carillon, et vingt mille par la « Rivière, » c’est-à-dire par Québec.

Les Sauvages ne comptaient plus guère.

Nous étaient restées fidèles quelques peuplades de la rive nord du Saint-Sacrement. Mais toutes celles qui habitaient les bords des lacs Ontario, Erié, Michigan, Huron, ou la riche vallée de l'Ohio ; toutes celles qui étaient voisines des Anglais, nous étaient hostiles, ou gardaient une neutralité suspecte. Les Anglais les travaillaient sans relache par leurs émissaires.

« Le 11 Février, nouvelles de la Belle-Rivière « (l'Ohio). Les Anglois ont construit un fort de « pierre à la place du fort Du Quesne (1). Ils

(1) Le fort Du Quesne avait été évacué, le 23 Novembre 1758, à l’approche de 5.000 Anglais commandés par le général Forbe, La garnison, qui n’était que de 200 hommes, enmenant son artillerie et ses munitions de guerre :t de bouche, s’était retirée, partie au petit fort Machant, partie chez les Illinois, Sauvages restés nos amis,

La ville de Pitsburg s’élève aujourd’hui sur l’emplacement du fort Du Quesne.

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« commercent avec les Sauvages de ces quartiers « qui les fournissent de gibiers.

« Ils assurent leur Père de leur fidélité. L'événement prouvera s'ils sont sincères.

« Le 24, arrivée d’un courrier de la Belle-Rivière

« annonçant de grandes négociations des Anglois « avec les nations Sauvages de ces cantons. Celles-

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cy ont demandé que nos ennemis se retirassent du pays; ce qu'ils ont promis, ou fait semblant de promettre, à condition que les François n’y retourneroient pas. Les Sauvages ont acquiescé, pourvu qu’il fut également libreaux deux nations d'y faire la traite.

« Les Sauvages demandent des secours puissants et prompts, autrement ils menacent de traiter

« avec nos ennemis.

« On donne avis à M. le général que les Amalécites, Mic-Macs et d’autres Sauvages se plaignent hautement qu’on ne leur donne que du cheval et autres mauvais vivres, ce qui produit des maladies parmi eux. Ils menacent

« de faire leur paix avec l’Anglois.…

€ Il courut dans la ville copie d’un discours tenu par un Onnèyout, venant des Cinq-Nations, dans un Conseil, à M. Benoit, commandant françois du poste de la Présentation, le 13 Février 1759, dont voici la teneur :

« — Mon Père, nous te saluons par trois branches de porcelaine. »

« Il y a longtemps que tes enfants les Onnèyouts

« n’ont eu le plaisir de te parler. Nous ne voulons « rien te cacher des nouvelles que nous scavons. « Nous sommes partis de notre village dans ce

dessein. Prête toute {on attention pour ne rien perdre des choses importantes que nous allons t'apprendre.

« Le colonel Jonhson a porté des paroles dans les villages des Cinq-Nations. Voici de quelle manière il s'explique :

« — Mes Frères, c'est aujourd'hui que je veux

« vous ouvrir mon cœur, comme j'ay toujours « fait, et vous dire mes plus secrètes pensées.

« Le temps est venu où votre frère, veut tuer

« Ononthio (Montcalm). Il fait des préparatifs « considérables pour exécuter ce projet. Il ne fait

que de se réveiller. Vous serez témoins des grands exploits qu'il va faire. J'espère que vous, nos frères des Cinq-Nations, vous voudrez bien l'assister de votre secours.

« Je vais vous communiquer comme nous voulons nous y prendre pour percer jusqu'à Montréal.

Soyez certains, Mes Frères, que ce ne sont pas des contes fanfarons. Nons descendrons, pour nous y rendre, par la rivière Chouaguen, avec une grande armée, laissant le fort Nicgara derrière nous, persuadé que la famine l’obligera à se rendre lorsque nous le voudrons. Nous nous

« arrêterons à Frontenac en passant, pour voir si « Ononthio y a fait quelques ouvrages, comme

nous en avons eu avis. Nous les détruirons sans

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« peine, et nous nous rendrons ensuite au grand « village d'Ononthio (Montréal) —.

« Mon Père, ce sont toutes les nouvelles que « nous scavons de Jonhson. Prends courage, Mon « Père, tu es guerrier, Je te donne la main. Nous « allons te dire à présent ce que nous avons « remarqué chez les Anglois.

« Ils sont 1.000 au fort de Bull. On y fait « beaucoup de berges. Ils ont un retranchement ; « ils y craignent les François. Ils avoient très peu « de monde : sur l’avis que les Sauvages venoient « te joindre, Mon Père, pour aller frapper chez « eux, ils en ont fait venir. Ils avoient très peu « de vivres.

« Je ne te cacheray pas la pensée de tes enfants, « les Cinq-Nations. Ils souhaiteroient qu'Ononthio « mit des guerriers sur pied pour aller détruire « l'Anglois. Il ne sera peut-être plus temps, s'il « tarde encore.

« Il y a aussi beaucoup d’Anglois entre Corlar « et le fort Bull, dans un grand chemin. Ils sont « campés là pour y passer l'hiver et suivre les « glaces pour venir chez Ononthio. Il y en a « autant que de mouches dans les grandes cha- « leurs. Ce que je dis là, Mon Père, n'est pas un « dictum; c'est ce que j'ay vu de mes propres « yeux. Ils ont aussi à Corlar quantité de « berges. »

Un autre écrit analogue circula vers le même temps à Montréal.

Des Sauvages des Cinq-Nations avaient tué un domestique du colonel Jonhson. Un de leurs jeunes gens alla au fort de Bull, sur la rivière des Onnontagués ou de Chouagen, porter un quartier de bison. Il vit le commandant.

« La première parole que l’Anglois lui a dite : « — Mon Frère, il faut que tu m'ailles chercher à « la Présentation la tête d’un François. Je suis « peiné de l’insulte qu'on m'a faite. On est venu « tuer icy le domestique du colonel Jonhson. Il « faut que tu m’apportes une chevelure Françoise. « Cela me raccomodera l'esprit : je seray content « Après — …

« Nous sommes donc menacés de notre frère « l’Anglois, comme s’il avoit envie de nous « détruire. Il nous a dit qu'il venoit des gens des « Cing-Nations pour le trahir comme ont fait ceux « qui ont tué le domestique du colonel Jodhson. « — Si pareille chose arrive encore, c'en est fait, « a-t-il dit : je présente une hache aux guerriers « de vos villages. — C’est pourquoi, nous sommes « menacés tous les jours de nos frères les « Anglois…

« Ilest aussi passé ces jours derniers des paroles « de notre frère l’Anglois qui vont de village en « village par toutes les Nations, et qui disent :

« — Mes Frères, je viens vous dire que ce « printemps je suivray les glaces avec une armée « considérable pour aller tuer votre père Ononthio. « Je sortiray par la rivière de Chouaguen. Je

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« laisseray derrière moi Niagara étant sûr de le « prendre par la faim. Avant que d'arriver à la « Présentation, je feray avertir vos frères qui sont « les miens et que j'aime beaucoup. S'ils s’opposent « à mon passage : tant pis pour eux! Je passeray « près de l'isle des Chevreuils. J'enverray quelques « canots à Cataracoüi, parcequ'on m'a dit « qu'Ononthio faisait rétablir ce fort (Frontenac). « Les canots qui y passeront, razeront ce qui aura « été fait, et j'iray tout de suite prendre Montréal.

« Une autre armée considérable que j'enverray « par le lac Saint-Sacrement, évitera le fort de « Carillon, en passant à côté; et, le laissant derrière, elle s’en ira en droiture à Montréal. J'enverray une troisième armée considérable « pour prendre Québec. Et les trois armées frap- « peront le même jour —.

« Un Onnontagués, qui se nomme Nonagarayon, « doit venir avec sa compagnie de 400 hommes « en raquettes prendre la Présentation.

« Notre frère l’Anglois nous a dit qu'il était « arrivé 600 vaisseaux de guerre montés par des « guerriers. Is sont en hyvernement où il n'ya « point de villes. Mais pas éloigné d’une tour. Ils « nous ont dit qu’ils avoient 4,000 guerriers dans « la ville d'Aïbany ; 4,000 dans celle de Corlar ; « et dans une plaine au-delà de Corlar, qu'ils n’en scavaient par le nombre tant il y en avoit de campés. Ils ont quantité de berges à Corlar… Après avoir raconté le plan d'attaque du Canada,

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tel que nous l’avons déjà indiqué, les Sauvages ajoutent toujours d’après les Anglais :

renvoyée, par les Anglais, prisonnière sur parole,

« La perte d’'Ononthia est certaine. Les François se défendront bien d’abord, c'est sûr; mais ils ne sauroient résister à la multitude.

« Et quand nous perdrions, ajoute notre frère l’Anglois, 15 ou 20,000 hommes, ce n’est rien pour nous. Il ne nous sera pas difficile d'écraser une poignée de François qui pourraient encore subsister.

« Ainsi, Mes Frères des Cinqg-Nations réfléchissez là-dessus. Ce n'est plus un discours caché qui marche sous la terre. Nous nous battons à force ouverte. J£ ne vous demande pas même le secret là-dessus. Je connoïs toutes nos forces, et celles d’Ononthio. Je n’ay qu'un avis à vous donner touchant vos neveux de la Présentation. Avertissez-les promptement et sans délay, de ne pas se trouver sur mon chemin en la compagnie d'Ononthio, parce qu'ils auront le même sort jue luy. Encore une fois, sa perte est certaine.

« Je ne vous dis point comme tous les jours vous dit Ononthio : Aidez-moi! Mais je vous invite seulement à me regarder faire : et comptez que j'auray pour vous les mêmes bontés que j'ay eues pour ceux de Cataracoüi, (Frontenac) (1). fe vous enrichiray des dépouilles de

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« mes ennemis, bien éloignés de la conduite « d'Ononthio qui, après avoir pris Chouagen, ne « vous à pas seulement donné une brayette, ni « une livre de pain, quoi qu’ils aient pris tant de « biens dans ce fort comme vous savez.

« Je le répète : ma marche n'est pas secrète. « La perte d'Ononthio est certaine : faites bien « vos réflex'ons là-dessus. »

Ainsi, les Anglais employaient tour-à-tour les innenaces pour intimider les Sauvages, et les promesses pour les gagner à leur cause. Et ces promesses et ces menaces produisirent leur effet. Les nieux intentionnés parmi les Nations du Sud, firent comme le grand chef Onontaguës :

« — Mon Père, disait-il à un officier François, « je vais rester sur ma natte en attendant mon « sort... Nous sommes si troublés icy, que nous « ne pouvons plus tenir aucun Conseil. Et je n’ay « pas même pu encore rassembler nos Nations « pour leur faire part de ce que notre Père, « Ononthio, nous a dit l'automne dernier. »

Cependant on trouve encore un reste d'amitié et de fidélité chez quelques peuplades des environs de Carillon. Deux hommes de Berry qui avaient déserté furent rattrapés le lendemain par des Sauvages. Ils tuèrent le plus âgé, et obligèrent l'autre à lui couper la tête et à la rapporter au camp au bout d’une perche. Kissensig, grand chef Nipissinr, harangua la garde du fort et le reste de la #arnison qui formaient le cercle autour du

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malheureux déserteur. Et s'adressant d'abord à celui-ci, il lui dit : « — Je t'avois averti que si « tu trahissois ton Père et ta Patrie, je t’aurois « mort ou vif, fut-ce même au milieu des Anglois. « Pourquoi n'as tu pas voulu suivre mon conseil? « — Puis s'adressant à la garnison : — Vous « autres, ajouta-t-il, qui m'écoutez, que cela vous « serve d'exemple. se vous le dis, et pour la « dernière fois : Je vous trouveray partout, et « ne vous feray point de quartier. »

C'était dur pour des soldais Français de recevoir cette lecon d’un Sauvage ! Cependant, les Sauvages s'étaient proposés de demander grâce pour le déserteur. Mais il fallait un exemple. Le conseil de guerre se tint la nuit suivante; « et au point « du jour on lui cassa la tête, la garnison sous les « armes. Cela se passa avec toute la tranquillité « possible, malgré nombre de cabalistes dont la « garnison fourmille, » ajoute le capitaine Desandroüins.

Ici nous devons un instant abandonner son Journal. Le modeste capitaine ne nous y dit pas qu'il employait les loisirs que lui laissait la vie de garnison à ‘diger des plans de défense du Canada, en vue ds la prochaine attaque des Anglais.

Le 10 Février, il achevait un long Mémoire sur la défense de Carillon, où il devait bientôt retourner. Dans ce Mémoire, ïil étudie les différentes manières dont Carillon peut être attaqué, soit par surprise, soit par une brusque

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conseil ?

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attaque, soit par un bombardement, soit enfin par un siège en forme.

Il écarte les trois premières manières comme offrant peu de chances à l'ennemi, et ne s'occupe que de la dernière, ou du siège en forme.

Il indique d’abord les précautions à prendre avant le siège, et les travaux qui restent à exécuter autour du fort; puis il dit ce qu'il faut faire au moment de l'ouverture de la tranchée par l'ennemi; comment il faut défendre le chemin couvert ; comment il faut placer la garnison ; et le rôle réservé à chacun; et la sortie à exécuter « par cent hommes déterminés » au moment ou l'ennemi se loge sur la crête.

« La perte du chemin couvert, dit-il avec raison, « est regardée, dans tous les sièges, comme le « prélude de celle de la place : à Carillon, où il « est sans contredit la meilleure défense du fort, «on ne pourra plus douter d’une prochaine « reddition ; il ne s'agira plus que de montrer « de la valeur et de la conduite jusqu’au bout. »

A ce moment, dit-il, on fait une sortie désespérée ; on se sert des mines et des caponnières. L'ennemi rapproché fait des batteries de brèches ; il bat le corps de la place, et use de la sape. La brèche de la demi-lune et celle du bastion sont praticables ; la garnison a fait des pertes considérables et des efforts héroïques ; son feu aussi a tué beaucoup de monde à l'ennemi ; elle s'est défendue pied à pied, et elle tient encore bon.

« Je ne doute pas malheureusement, ajoute le capitaine Desandroüins , que la plus grande partie des conseils que je donne icy, ne soit impraticable si le siège est poussé vivement ; mais je n’ay voulu omettre rien de ce qu'il était possible de faire. C'est au commandant à juger sainement de son état et des dispositions de l’ennemy. L'essentiel est qu'il tienne assez longtemps pour qu'on puisse rassembler toutes les forces de la Colonie, afin de venir à son secours. Après quoi, si ellès sont battues, le surplus de la résistance, qui ne doit pas diminuer de vivacité, causera bien moins de dommages à l’'ennemy, qu'elle ne comblera de gloire les assiégés. »

Ce Mémoire fut envoyé à l'officier qui commandait Carillon pendant l'hiver, avec ordre de l’étudier et de suivre ses recommandations en cas d'attaque (1).

Un second Mémoire, qui fut achevé le 22 mars, embrassait la défense du Canada tout entier.

Les premières lignes de ce Mémoire révèlent les tristesses patriotiques et l'espèce de découragement résigné, en même temps que le froid désespoir et la sombre résolution qui, en ce moment où ils voyaient tout perdu, s'étaient emparés des cœurs les plus virils; de celui d’un humble capitaine comme Desandroüins, aussi bien

(1) Papiers du général Desandroüins. — Mémoire sur la défense du fort de Carillon. Dix pages en mauvais état.

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