‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 76 sur 109 · GE EL EVE · texte numérisé non relu

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« de la Nouvelle-Angleterre, trouvée par hasard, « disoit que l’armée du lac Saint-Sacrement devoit « partir le 19, pour attaquer Carillon. »

Ce n'était donc que partie remise. En effet, le 22, l'armée anglaise débarquait au Portage, dès la pointe du jour.

Nos éclaireurs prévinrent immédiatement Bourlamaque. « À 8 heures, allarme générale. Les « grenadiers, un détachement de volontaires, « cent, Canadiens et les ouvriers du génie bordent « les retranchemens. Un piquet du 2 bataillon « de Berry et les volontaires de Wolf partent « pour la rivière à la Barbue. »

A 10 heures, les détachements qui étaient aux retranchements sortirent dans le même ordre que le 16. Mais les Sauvages refusèrent de marcher. « A 11 heures, M. de Bourlamaque est sorti pour « les engager à aller tâter l’ennemy; n'ayant pu « y réussir, il y a envoyé les volontaires de « Bernard et les Canadiens. »

Les Canadiens et les volontaires de Bernard s'élancèrent sur les hauteurs abandonnées par les Sauvages et virent en face d'eux, sur la Chute, un corps de 4,500 hommes qui traversait la rivière sur un pont qu'on n'avait pas eu le temps de couper. « Sur ce pont à peine pouvoit-il passer « deux hommes de front : en un clin d'œil les « Rogers furent passés ; et les troupes réglées, « de la meilleure grâce du monde et avec grande « vivacité, les suivirent et se mirent eu bataille

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« en face de nos soldats, » puis marchèrent à eux. On tirailla longtemps de part et d'autre ; mais nos décharges n’arrêtèrent point les colonnes anglaises ; et les Canadiens et les volontaires, beaucoup moins nombreux, furent repoussés.

Du reste, ie colonel de Bourlamaque avait recommandé à tous les officiers de ne point, en s'engageant trop à fond, compromettre ni euxmêmes, ni leurs hommes; mais seulement de tenir le plus longtemps possible, pour retarder la marche des colonnes ennemies. On les maintint en effet jusqu’à l'entrée de la nuit ; puis on revint en bon ordre derrière ses retranchements que l’on borda comme s'ils devaient être attaqués.

Dans l'après-midi de cette journée, Desandroüins, avec le 2° bataillon de Berry et la compagnie d'ouvriers, avait reçu l’ordre de s’embarquer immédiatement, et d'aller occuper l'embouchure de la Barbue. T' y arriva à 7 heures 1/2 du soir. A peine débarqué, la nuit survint; on remit le travail au lendemain, et l’on bivouaqua par terre.

À minuit, l’armée elle-même s’embarqua tout entière, ne laissant à Carillon qu'une faible garnison de 180 soldats de terre, 85 soldats de marine, 120 Canadiens et ouvriers, et 13 canonniers. Une brume très épaisse couvrait le lac : quantité de bateaux s’égarèrent en chemin, et ce ne fut qu’au point du jour qu'ils retrouvèrent leur route. Cependant tous arrivèrent à l'embouchure de la Barbue, le 23, au matin.

Déjà Desandroüins, et ses hommes étaient au

travail, « quoiqu'’ils fussent bien fatigués de la

pluye abondante de la veille, du bivouac de la nuit qui fut très humide, et d’un brouillard fort épais et fort noir.... »

Aussitôt débarqué, Bourlamaque, accompagné

du capitaine Desandroüins, visita l'emplacement du camp et les travaux commencés, et y apporta quelques modifications. Du reste les retranchements de la Barbue n'étaient que passagers.

Quelques heures de repos furent laissées à l’armée.

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