RARE CARNET
que Desandroüins avait reconnue quatre mois auparavant. 11 fut immédiatement envoyé à terre, avec les ouvriers de la fortification ; et, pendant que l’armée restait à bord, il alla préparer le campement dans l'ile dont il trouva la tête déjà fort bien fortifiée. L'armée y descendit à son tour, le lendemain matin, par une pluie battante. Là, elle devait s'arrêter, faire face à l'ennemi, et mourir s'il le fallait.
Le 4, les travaux commencèrent. Les bataillons en masse furent employés à la besogne.
Pendant ce temps là, les Anglais qui nous suivaient pas à pas, avaient occupé St- Frédéric après Carillon. Maîtres du haut Champlain, ils avaient alors lancé sur le lac leurs berges armées en guerre pour y faire la course. Mais nous avions aussi, à Saint-Jean, quelques bateaux portant des canons : on essaya la petite guerre maritime.
Pourtant, ils n’osèrent cette année attaquer Bourlamaque acculé comme un sanglier dans son ile. La résistance pouvait être longue; deux mois à peine séparaient de l'hiver, et bientôt les glaces rendraient le lac impraticable. Pour ces raisons le général Hammerst, avec 15.000 hommes sous ses ordres, abandonna la poursuite des 2.500 Français que commandait l'intrépide Bourlamaque !
Quoiqu'il en soit, nous avions perdu le lac Champlain ; et l'Ile-aux-Noix restait la seule barrière qui, de ce côté, empêchât les Anglais de marcher sur Montréal.
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