‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 80 sur 109 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Desandroüins aux Rapides. — Siège de Québec par les Anglais. — Première bataille des Plaines d'Abraham. — Prise de Québec. — 17759.

C'est aux Rapides du haut du Saint-Laurent que nous retrouvons le capitaine Desandroüins, douze jours après son arrivée à l’Isle-aux-Noix.

Le chevalier de Lévis, dont en ces circonstances l’activité égala le courage, était revenu à Montréal dans les premiers jours d'août, et avait demandé au colonel Bourlamaque de lui envoyer son ingénieur pour mettre en défense le Saint- Laurent, entre le lac Ontario et la capitale du Canada.

Desandroüins, qui avait étudié le terrain dans un Mémoire duquel nous avons parlé, reçut ordre d'aller immédiatement rejoindre M. de Lévis. Il arriva à Montréal le 15 août, à 6 heures du matin. Mais, depuis la veille, M. de Lévis était retourné aux Rapides et de là aux Galots (1).

(1) Les Galots sont de petites îles un peu au-dessus des Rapides.

Les Rapides, dont il est ici question, sont ceux du Pat et des Citrons.

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Desandroüins l'y suivit. Il partit le 16, à 5 heures du matin, et arriva le 21, aux Galots. Le chevalier n'y était plus : une heure auparavant, il avait quitté les Galots pour aller reconnaître le haut Saint-Laurent. Le capitaine atiendit son retour avant de rien entreprendre.

Dans l'intervalle, arriva un détachement de 300 Français et Canadiens avec des vivres, des munitions de guerre, des canons et des outils, ce qui porta à près de 500 le nombre des soldats défendant les Rapides.

Le chevalier de Lévis revint trois jours après. Pendant quarante huit heures, on fut a:sez indécis sur les travaux à faire. Enfin, ou se mit à construire quelques batteries à la pointe de la grande île des Galots. Puis on acheta aux Sauvages une petite ile toute proche, et on commença en hâte à y construire un fort qu'on nomma Lévis.

Ce fut pendant ce séjour aux Galots, que le chevalier de Lévis eut, auprès de Mesdames les Sauvagesses de la Présentation, un succès qui dût infiniment flatter son amour propre. Elles lui décernèrent, par délibération d’un grand conseil de femmes, le titre pompeux de Soleil suspendu, ou, en leur langue, d'Oracoüenton !

Oracoüenton était du reste le nom de la petite île où on avait décidé la construction d'un fort. Desandroüins, chargé d’en tracer le plan, en poussa vivement les travaux.

M. de Langis, le hardi coureur, était aussi venu

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dans ces parages, pour se mettre à la tête des Sauvages de bonne volonté.

« Le 6 septembre, arrivée d'un canot dépéché par les Sauvages du parti de M. de Langis, annonçant qu'un canot envoyé par les Cinq- Nations était arrivé pour avertir leurs frères de la Présentation, de la part de Johnson, qu'une armée Angloise très forte allait se mettre en marche pour attaquer la partie du Canada où nous sommes, et qu'ils ne se mélassent point parmi les François, parcequ'ils seroient traités comme ennemis.

« M. le chevalier de la Corne, M. de Beauclair et un missionnaire allèrent sur le champ à la Présentation, où ils trouvèrent tous les Sauvages de M. de Langis dans ,;a plus grande terreur de la venue de l’ennemy, et dans de fort mauvaises dispositions pour les François. « Un grand Conseil fut tenu avec les Sauvages, « dans lequel ils ont promis de bien faire pour « nous, en envoyant leurs femmes et leurs enfants « dans la profondeur des bois. »

Il fallait tenir compte de cet avertissement et de la terreur des Sauvages. On expédia les malades à Montréal, et on en fit revenir des vivres. Cependant la ration de pain, pour chaque soldat, fut réduite à cinq quarts par jour. Mais on compensa cette réduction en donnant tous les matins, à chaque travailleur, une petite mesure d'eau-de-vie.

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