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Dans la nuit du 12 au 13 septembre, la flotte se rabattit brusquement et vint débarquer 9.000 hommes à l’anse du Fonlon , à un quart de lieue au-dessus de la ville. Puis, au milieu des ténèbres, dans un profond silence, étouffant jusqu'au bruit de leurs pas et de leurs armes, Wolf et ses soldats gravirent, pendant deux heures, des falaises inaccessibles qui mènent, par le plus court chemin, au plateau sur lequel est assis Québec ; surprirent un poste français qui se gardait mal ; et arrivèrent à l’improviste aux pieds des remparts dégarnis de défenseurs.
L’alarme est vite donnée au camp de Beauport.
Montcalm, privé de ses deux lieutenants, de Bougainville qui attendait au cap Rouge un débarquement qui ne s’effectuait pas, de Lévis qui était aux Rapides, et des quelques milliers de soldats qui se trouvaient avec eux. Montcalm réunit à la hâte les 4.000 hommes, Français, Canadiens ou Sauvages qu'il a sous la main ; franchit la vallée du Saint-Charles; gravit à son tour la pente opposée du plateau, et se trouve en face de l’armée anglaise qui l’y attendait, la gauche insolemment appuyée aux murs de la place. Il était, 8 heures du matin.
On se fusille quelques instants à portée de pistolet. Puis Montcalm voyant l'ennemi grossir à chaque minute, donne le signal d’une charge générale qu'il conduit lui-même l'épée à la main. Ce fut une lutte héroïque.
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Le général ‘Wolf, à la tête de ses grenadiers, tombe dans la mêlée ; mais ses soldats résistent,
Montcalm à son tour est blessé à mort. Les Français veulent le venger. Mais, abandonnés par les miliciens, accablés par le nombre, les cinq bataillons de France, décimés, sont contraints de reculer, et se dispersent. Le plus grand nombre va où est la vengeance : vers Bougainville (1).
Montcalm et Wolf, le général Français et le général Anglais, deux grands capitaines, deux âmes de héros, avaient payé, chacun de leur vie, le premier sa glorieuse défaite, le second sa victoire (2).
Bougainville volait, mais trop tard au secours de son général. It rallia les restes mutilés de l'armée : et tous ensemble, remontant le Saint- Laurent, ils se retirent au fort Jacques-Cartier, à 8 ou 10 lieues de Québec, sans que les Anglais, occupés à panser leurs blessures, songeassent à les poursuivre.
Le chevalier de Lévis, parti le 4 des Rapides, avait appris à Montréal la défaite et la mort de
(1) Cette bataille est appelée de Sainte-Foye ; ou encore,
des Plaines d'Abraham, du nom d’un propriétaire des champs à jamais célèbres où elle se donna.
(2) Une obélisque de granit a été élevée à la mémoire de ces deux héros dans la ville de Québec. Les noms de Wolf et de Montcalm y sont gravés avec cette inscription « Mortem virtus, communem famam victoria, monumentum « posteritus dedit. — Le courage leur a donné même mort, « l’histoire même renommée, la postérité même monument. »
Montcalm. Sautant dans le premier bateau venu, il était accouru prendre, comme le plus élevé en grade, la lourde charge de commander à des débris. Nul n'était plus digne de remplacer le héros que notre armée pleurait.
Le 17, il touchait au fort Jacques-Cartier. Là, pris comme d’un accès ae rage, qu'il lui est commun du reste avec ses soldats, il retourne immédiatement vers Québec, espérant forcer les Anglais à accepter une bataille qui sera dangereuse pour eux, car ils auront à dos la garnison renforcée, et en face des troupes furieuses.
Mais à 4 lieues de la ville, au cap Rouge, il apprend que le lâche gouverneur avait capitulé le
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même jour ! (1) On ne pouvait songer à faire un siège. L'armée
de Lévis rebroussa chemin, triste et désespérée ; et alla prendre ses quartiers à Montréal, car l'hiver approchait.
(1) Le Gouverneur de Québec s'appelait Ramesay. La capitulation fut signée le 18 septembre 1759.