CHAPITRE XVI
Desandroüins commandant le fort Lévis aux Rapides : 1759. — Seconde bataille des Flaines d'Abraham ou de Saintce-Foye. — Siège de Québec par les Français. — 1760.
Pendant que le grand évènement, que nous venons de raconter, s’accomplissait sous les murs de Québec, Desandlroüins était au fort Lévis, dont le chevalier de Lévis, désormais général en chef de l’armée francaise au Canada, lui avait confié le commandement. Il ne pouvait le remettre en meilleures mains. On lui laissa 250 hommes de garnison, Francais, Canadiens et Sauvages!
C'était le poste le plus avancé et le plus important que la France conservat de ce côté. Il était destiné à recevoir, au printemps prochain, l'attaque des forces Anglaises réunies sur les rives de l'Ontario, soit à Chouaguen, soit à Niagara.
Niagara venait en effet d’être pris. Le siège en avait commencé le 5 juillet. Il avait été attaqué par 5.000 Anglais et 900 Sauvage:, la plupart Iroquois des Cinq Nations, autrefois nos alliés : et il n'était défendu que par 350 Français et
Canadiens, que commandait le capitaine de Béarn, Pouchot, énergique officier.
Voici un fait raconté par Desandroüins qui montre comment il traitait les Sauvages :
« Quatre grands chefs des Cinq Nations sont « venus pendant le siège voir les Francois.
« M. Pouchot, sachant qu'ils avoient servi de « guides à l’armée Angloise, les a fait mettre aux « fers. Des députés sont venus les réclamer, « offrant de livrer leurs femmes et leurs enfants « pour servir d'otages. M. Pouchot les a refusé, et « leur a montré les poteaux aux quels ils « devoient être pendus, si quelques-uns des Cinq « Nations faisoient rien de contraire à nos « intérêts.
« Ces Iroquois, en arrivant, ont reproché à « leurs frères, d’avoir vu l’Anglois s’avancer sur « les François, sans avoir cherché à leur faire plus « de mal que des femmes. »
Mais, malgré la résistance désespérée du commandant, le fort de Niagara avait été forcé le 25 juillet, après 19 jours de siège. En perdant Niagara, nous avions perdu complètement le lac Ontario ; comme la perte du fort Duquesne avait amené celle de la vallée de l'Ohio. De sorte que le fort Lévis devenait, sur le haut Saint-Laurent, la seule barrière du Canada.
Desandroüins, commandant de ce fort, en poussa les travaux avec activité, et put y faire, de sa propre autorité, les améliorations que lui indi-
earn, ns qui
s sont ancois.
rvi de tre aux lamer , enfants fusé, et els ils les Cinq à nos
roché à ncer sur aire plus
du comforcé le perdant nt le lac ne avait rte que le urent, la
re, de Sa jui indi-
quaient et son expérience et sa science d'officier du génie. Aussi, quand vint le mauvais temps ; quand les neiges et la gelée obligèrent à suspendre le travail, le fort Lévis était presqu'en état de bien recevoir les Anglais.
Or, pendant cet hiver, le chevalier de Lévis, à Montréal, avait conçu un projet : projet insensé, si jamais le patriotisme peut devenir insensé ! C'était celui de reprendre Québec aux Anglais, à l'ouverture de la campagne prochaine.
Le général français songea d'abord à reformer, réorganiser et renforcer les débris de l’armée vaincue. Il put réunir environ 3.000 Francais et 2.000 Canadiens. Presque tous les Sauvages avaient déserté.
Vers les commencements de mars 1760, Desandroüûins, relevé de son commandement, fut rappelé à Montréal et choisi par M. de Lévis pour aide-decamp. En sa qualité d'officier du génie, il fut mis par ce général, dans la confidence de son audacieux dessein, et s'occupa tout aussitôt d'étudier la question du siège de Québec.
Là-dessus il rédigea deux Ménoires que nous n'analvsons pas malgré l'intérêt qu'ils peuvent avoir pour les hommes du métier (1).
Le 1‘ a pour objet : 1° de faire la description de la Place et des propriétés de ses fortifications ;
(1) Papiers du général Desandroüins. — Dix-sept pages
in-8° fort bien transcrites postérieurement à la mort du général,