‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 84 sur 109 · LE ER · texte numérisé non relu

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2° de déterminer le choix d'un point d'attaque.

Il termine par ces très sages paroles : « L'on « regrettera peut-être que selon ce système d'at- « taque, il ne soit rien négligé de la méthode « pratiquée contre les bonnes places. Mais, ne « voit-on pas que si Québec n’en impose pas par la « multiplicité de ses dehors, il est au-dessus du « médiocre par le dispositif de sa fortification, « par la nature du terrain sur lequel on doit « cheminer, par le nombre de ses défenseurs enfin « comparé à celui des agresseurs.

« Profiter de tous les moyens qu'on peut mettre « en œuvre, pour acquérir la supériorité sur « l'ennemy, et s’étayer de manière à faire tou- « jours des progrès certains, n’est pas retarder sa « marche ; c'est aller droit au but, sans crainte « d'être forcé de reculer. Qu'on prenne garde, dit « M. de Vauban, de donner lieu, par son impru- « dence, à une mauvaise place de se défendre « comme une bonne Le 2° Mémoir’ 4 quels travaux sont nécessaires, de l’ouve .e de la tranchée à la descente du fossé, en supposant la Place dans le même état qu'à la fin de l’année dernière ; puis il considère quels pourraient être les ouvrages ajoutés par les Anglais, et ce qu’ils exigeraient de la part des assiégeants.

Les dernières lignes de ce Mémoire sont une nouvelle preuve du désintéressement et de l’absence

ttaque.

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« Si dans le cours des Mémoires concernant « l'expédition de Québec, dit-il, nous avons pu « donner notre opinion avec une sorte de con- « fiance, il s’en faut bien qu'elle soit absolue; et « ce seroit une grande imprudence de notre part « de ne pas dès à présent nous reconnaitre « infiniment moins en état de porter un jugement « positif que si le terrain étoit sous les yeux. « Aussi, je me réserve expressément le droit d'y « apporter tous les changemens qu'indiquera « l'inspection du local.

« Tout ce que je puis espérer est d’avoir donné « des détails assez étendus et assez exacts pour « se faire une idée de la qualité de l'entreprise. « Je n’ay aucune prétention de faire préférer ni « opinion ni système à moi personnels. Réussis- « sons : et peu importe qui en ait indiqué les « moyens ! »

Ces Mémoires furent remis au chevalier Lévis qui les approuva. Du reste, il était pressé de partir et ses soldats partageaient son imy tience. Si une expédition d'hiver avait été possible, il l'eut entreprise.

A peine donc le soleil d'avril avait rompu les glaces qui enchainaient le Saint-Laurent ; et le fleuve, rendu à la liberté, les roulait encore dans ses flots, comme d'énormes pans de muraille, que le général français se mit en marche.

Mais il prit la route de terre. D'abord, il n’était pas possible de s'embarquer sur de légers bateaux qu'eut brisés la violence du courant. Et puis, par terre, on espérait surprendre les Anglais qui ne pouvaient s'attendre à être si tôt attaqués.

Deux frégates, reste de notre flotte, l’Afalante et la Pomone, qui avaient hyverné à Montréal, devaient suivre l’armée française à quelques jours de distance, et porter un petit matériel de siège !

La marche de nos troupes fut pénible. La neige était dégelée : on y enfoncait jusqu'aux genoux. On couchaïit presque dans l’eau, et on vivait d'un morceau de biscuit avec un peu de lard ou de bœuf salé. Dix jours avant, on mena cette vie et on fit 70 lieues! Mais le courage soutenait l'âme du soldat contre toutes les défaillances : on n’entendait pas une plainte, pas un murmure.

Les frégates avaient rejoint et se tenaient à présent à la hauteur des soldats.

Rien ne semblait avoir indiqué aux Anglais la marche en avant de l’armée française.

Mais uu hasard malheureux les avertit de notre approche. « Un canonnier de la flotille tomba à « l'eau, et parvint à se hisser sur un glacon que « le courant emportait. Devant Québec, les Anglais « recueillirent ce soldat évanouï sur son radeau « de #lace : entre leurs mains, il se ranima un « instant, trahit involontairement son secret et « expira (1)! »

(1) Montcaln et le Canada français, par de Bonnechose,

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