‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 85 sur 109 · HO · texte numérisé non relu

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Le général Murray, commandant de Québec, se porta rapidement en avant avec 6.000 hommes de troupes fraiches et vingt-deux pièces d'artillerie, et attendit les Français dans ces mêmes Plaines d'Abraham, où, huit mois auparavant, Montcalm avait trouvé la mort, et les Anglais la victoire.

Lévis rencontrait la bataille alors qu'il ne s’y attendait pas encore; il l’accepta quoi qu'il n'eut avec lui que trois petites pièces de campagne, et immédiatement rangea son armée sous le feu meurtrier de l'artillerie ennemie.

Puis, quand ses colonnes furent forinées, mettant son chapeau au bout de son épée, il donne le signal de la charge. Ce fut une charge désespérée, furieuse, folle ; et il n’y en eut qu'une. Les Français voulaient pour de vrai vaincre ou mourir.

Les ennemis soutinrent bravement ce choc formidable. Mais ces terriles Franco-Canadiens ressemblaient à des démons ! Après une heure de combat , les bataillons Anglais enfoncés se débandent et s’enfuient, laissant aux vainqueurs toute leur artillerie.

Cette artillerie remplaca celle qui nous manquait; et, retournée, elle poursuivit les fuyards jusque sous les murs de Québec.

Peu s’en fallut que nous n’entrions pêle mêle avec eux dans la ville ; mais la fatigue clouait les pieds de nos soldats, sur le champ de victoire. Et puis les Anglais avaient des ouvrages avancés qu'il eut fallu d’abord emporter.

Douze cents Anglais couchés à terre, et un millier de Français, attestaient la fureur de l’attaque et l'énergie de la défense. Mais nos pertes à nous ne se pouvaient réparer ! Des deux côtés presque tous les officiers étaient touchés. Le vaillant Bourlamaque, qui s'était échappé de l'Ile-aux-Noix pour venir prendre part à la bataille, Bourlamaque était du nombre. Il ne pouvait paraitre au feu, sans en rapporter une blessur: !

L'aide-de-camp Desandroüins, qui pendant toute l'action n'avait cessé de porter à droite et à gauche les ordres du général, était sorti sain et sauf de cette fournaise.

Cette seconde bataille des Plaines d'Abraham, appelée aussi de Sainte-Foye, qui fut la dernière victoire des Français au Canada, fut livrée le 28 avril 1760 (1).

On n'avait pu entrer dans Québec en même temps que les Anglais ; on en fit le siège.

Québec, la plus ancienne ville du Canada (2), est située, aux bords du Saint-Laurent, sur une espèce de cap ou promontoire fort élevé, qui

(1) En 1862, les Franco-Canadiens, peuple de traditions et de souvenirs, ont élevé dans les Plaines d'Abraham, une colonne gigantesque destinée à perpétuer la mémoire des Français et des Canadiens tombés dans la journée du 28 avril, avec cette courte inscription : Aux braves de 1760.

(2) Québec fut fondé en 1608 par Samuel de Champlain, Le même qui donna son nom au lac Champlain.

Québec comptait 5.000 habitants il y a cent ans, Maintenant il y en a 90 mille, dont 50 mille Français.

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domine au loin la vallée et commande le fleuve.

Ce cap forme l’extrêmité d’une montagne qui se détache, comme un rameau, de la chaïne fermant de ce côté la vallée du Saint-Laurent. Gigantesque bloc de granit, il est escarpé et inaccessible à sa pointe; mais il se relie à la chaîne par un plateau qui va s'élargissant et s'abaissant à gauche et à droite, de manière à offrir par là un accès facile.

C'est sur ce plateau que Lévis veriait de battre les Anglais et de venger Montcalm.

La Ville Haute de Québec, ou plutôt la citadelle, plantée sur cette pointe, n’a donc réellement besoin de fortifications que du côté du plateau. Aussi les Anglais les y avaient-ils accumulées depuis six mois.

La Ville Basse est située dans une plaine très étroite, resserrée entre la pointe du cap et le Saint-Laurent. Elle n’était point fortifiée : pourtant de grandes batteries, élevées au bord du fleuve, en défendaient le passage aux vaisseaux ennemis et pouvaient gêner un débarquement. Mais, nous n'avions pas de vaisseaux !

Les Français durent donc attaquer Québec par le plateau.

Mais pour vaincre, il fallait plus que du courage contre une place qui avait 200 pièces d'artillerie sur ses remparts ; il fallait du canon.

Nous avions reçu, par la Pomone et par l'Atatante qui nous avaient suivis, notre pauvre matériel

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