‹ Le maréchal de camp Desandrouins, 1729-1792 [microforme]Chapitre 86 sur 109 · ES ORNE OT · texte numérisé non relu

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de siège. Nous avions en outre les 24 pièces que nous avions prises aux Anglais. Mais nous devions ménager notre poudre : nous en avions peu, et encore avait-elle été mouillée plusieurs fois « car elle étoit très faible. »

Dès le lendemain de la bataille, les travaux du Siège commencèrent.

Desandroüins était le second ingénieur de l’armée : le premier était probablement M. de Pont-le-Roy. L’exécution des travaux reposait par conséquent sur lui.

Impossible de redire les difficultés inouïes que l’on rencontra pour ouvrir la tranchée dans un terrain où, à quelques pouces de profondeur, on trouvait le roc dans le quel il fallait cheminer. Impossible de compter l'énorme quantité de fascines et de gabions que l’on dut faire et transporter, de toises de terres que l’on dut remuer et charrier, pour élever à la hâte des épaulements et des parapets qui pussent mettre nos travailleurs à couvert du feu de l'ennemi. En outre, nos soldats étaient obligés, faute d’attelages , de traîner leurs canons, sous les bombes, les boulets, jusqu'aux emplacements désignés par les officiers d'artillerie ou du génie. Ajoutez à cela les sorties

furieuses de la garnison qui venaient parfois bouleverser la tranchée, et nous coûtaient toujours quelque” hommes.

Les soldats travaillaient à tour de rôle, et ne quittaient les outils que pour reprendre les armes.

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Ils étaient Sur pied à peu près nuit et jour ; etil n'y eut ni murmure, ni désertion !

Pendant treize jours que dura le siège. Desandroüins fut « 10 fois de garde » à la tranchée. Il exécuta aussi, jusque sous les murs de la ville, « plusieurs reconnaissances » dans les quelles, pour se rendre compte des dispositions de l'ennemi, il ne craignait pas d'exposer sa vie.

Il ne nous a laissé aucune relation ni de la bataille du 28 avril, ni du siège de Québec qui la suivit. Il n’en parle qu'incidemment dans une Conversation qu'il eut, après la levée du siège, avec un ingénieur Anglais, et qu’il a transcrite (1) :

« J’aborday le S' Vanbrane pour lui demander « des nouvelles de l'ingénieur Anglois que j'avois « connu au fort Georges. Il m'adressa audit « Sr Holland, me le faisant connoître pour l’ingé- « nieur qui avoit conduit la défense de Québee, le « printemps dernier. Il me dit, après la première « question, que le S' Marlair, ingénieur en chef « de la place, ayant reçu un coup de fusil au « travers du corps, dans l'affaire du 28, il l’avoit « remplacé dans ses fonctions.

« — Nous avons été fort inquiets, ajouta-t-il, la « première nuit qui suivit cette sanglante journée.

(1) « Conversation que j’ay eue avec le $' Holland capitaine au 2° bataillon de Royal Américain, faisant fonction d'ingénieur en chef, pendant le siège de Québec, le 13 septembre 1760, en présence du S° Vambrane, ancien otage Anglais. » — Deux ou trois pages mal écrites.

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