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Nous craignions fort que vous ne placiez une batterie à une redoute où on peut mettre cent hommes, que nous avions faite l’année dernière, à 80 toises de la porte Saint-Jean, et qui restoit encore tracée (1). Vous auriez pu y établir une batterie, et votre petite artillerie, avec votre méchante poudre auroit pà faire quelque effet à aussi petite portée.
« — Nous avions remarqué comme vous, luy répondis-je, l'avantage de cette position. Mais comment avez-vous pû croire que vis-à-vis d'une garnison qui avoit eu l’audace de sortir à trois quarts de lieue de la place pour livrer bataille à toute une armée; qui avoit si longtemps disputé la victoire; qui nous avoit mis cent ofliciers et mille hommes au moins hors de combat ; comment, dis-je, avez-vous pù croire qu'il eut pù nous venir dans l’idée de pousser là
« une tête d'attaque à demi portée de fusil...? « Mais, la moindre sortie eut détruit tout notre
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travail. Vous eussiez ou encloué nos canons, ou entrainé facilement toute notre artillerie. Et Dieu scait combien un jour on nous eut accusé de présomption, et d’ignorance dans l’art d'attaquer les places.
« Cette position, ajoutay-je, étoit favorable pour vous l’année dernière, contre une garnison de (1) &« Nous avons vu depuis ladite Redoute; l’emplacement en est pitoyable : elle n’avoit que 5 toises de face, intérieurement, »
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150 hommes qui n’avoit pas même été capable de mettre un canon sur le front menacé. Les ouvrages faibles étaient sans dangers pour vous : ceux même faits à la hâte vous étoient utiles contre un retour offensif de M. de Lévis. Il fallait donner un prétexte à la faible garnison de se rendre.
« — M. Murray, me répondit-il, avoit trop bonne opinion de M. de Lévis, pour faire une sortie. D'ailleurs nous pensions que votre arinée se renforçoit chaque jour. Nos parapets étoient en neige : elle avoit fondu Je fis travailler avec activité à les remplacer par toutes sortes de matériaux. Nous avions heureusement une grande provision de fascines…
« — Nous n'avions gard?, répondis-je, de soupconner pareille retenue chez M. Murray. Notre armée faiblissoit continuellement. Plus de 300 Canadiens désertèrent le 28 avril. Vous pouviez travailler sur vos remparts à votre aise.
&« — … Votre tranchée, me dit-il, étoit inabordable ; vos batteries surtout très bien faites et placées aussi avantageusement que le terrein pouvoit le permettre, et bien soutenues. Nous avons admiré votre travail... Vous attendiez sans doute des secours de France ? Mais en attendant je prenois mes précautions. Je faisois travailler, comme vous l'avez vu, à raveliner la porte ; je faisois planter des palissades.…