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baie de Chesapeake, où il trouva le comte de Barras qui y était arrivé la veille, à la tête d'une seconde escadre, amenant de New-Port, à l'armée Franco-Américaine, le matériel de siège dont elle manquait.
Nous avons laissé cette armée voguant, dans la baie de Chesapeake, vers la Virginie. Pendant plusieurs jours, elle en longea les côtes, passa devant l'embouchure de la rivière d’'York que gardaient les frégates francaises, et vint à son tour débarquer, le 26 septembre, sur les bords de la rivière James, non loin de Willliamsburg.
Le 28, les Franco-Américains, aux ordres de tochambeau, de la Fayette et de Washington, quittant Williamsburg, marchèrent sur York-Town où se trouvait lord Cornwallis.
Cornwallis défendait, non-seulement York-Town qui est sur la rive droite de York, par conséquent du côté d’où venait l'ennemi, mais encore le poste moins important de Glocester qui est sur la rive gauche en face d'York-Town. Il avait 6.000 hommes de troupes réglées Anglaises et Hessoises, et 1.500 matelots, avec 168 pièces de canon.
L'armée assiégeant comptait près de 16.000 hommes.
Desandroüins, que nous avons presque perdu de vue quoiqu'il ait été continuellement notre guide pendant la marche que nous venons de décrire, fut chargé de diriger les travaux du siège.
Nous regrettons de nouveau que ses Mémoires
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militaires, sur la guerre d'Amérique, aient été perdus dans la catastrophe de la Bourgogne. Nous ne trouvons, dans les fragments de Notes qu'il nous à laissés, que {rois lignes relatives au siège d'York-Town, où cependant il a joué un rôle actif et important, comme commandant du génie de l'armée assiégeante.
York-Town fut investi le 29 septembre. Le 2 octobre, on fit passer la rivière à 2.000 Américains, à la Légion de Lauzun, et à 500 matelots prêtés par le comte de Grasse, et on bloqua Glocester.
Le même jour « la Légion Anglaise de Carleton, « qui se trouvoit dans Glocester, fit une sortie, et « fut repoussée avec perte par celle de Lauzun. »
« Le 6, ouverture de la tranchée devant York- « Town. » Les batteries de brèche furent établies, et foudroyèrent la ville et ses remparts. Au bout de huit jours, la brèche fut jugée praticable, La nuit du 14 au 15, deux colonnes, l’une, Américaine, commandée par la Fayette, et l'autre, composée des grenadiers et des chasseurs Français, aux ordres du baron de Viomesnil, emportèrent à la baïonnette deux redoutes qui couvraient la gauche des lignes ennemies.
Ces redoutes conquises, Desandroïüins les fit réparer, et on tourna les canons contre la place.
Le 17, lord Cornwallis, voyant toute résistance impossible, et n’attendant aucun secours du dehors, demanda d’abord une suspension d'armes de 24
heures. Les généraux alliés ne lui accordèrent que 2 heures : alors il demanda à capituler. On employa la journée du IS à discuter les articles de la capitulation, qui fut conclue et signée le 19 pour York-Town et pour Glocester.
La garnison, généraux, officiers et soldats, se constituait prisonnière de guerre. Tombèrent en notre pouvoir, le matériel de guerre et les vivres, 22 drapeaux, et toute la flotille qui se trouvait bloquée dans la rivière d'York. Cette flotille consistait en 58 bâtiments de toutes grandeurs. De ces 58 bâtiments, un vaisseau de 50 canons fut brülé, et on coula bas 20 transports et une frégate de 24 canons, la Guadeloupe.
Cette victoire, la plus considérable de toute la guerre, eut un immense retentissement en Amérique, en France et en Angleterre. Après Dieu, ce fut à la France que tout un peuple rendit graces (1).
Le 27, la flotte Anglaise de l'amiral Graves, renforcée par l’escadre de l'amiral Digby qui portait 5 ou 6.000 hommes de débarquement, se montra en vue de la baie de Chesäpeake. Mais, apprenant la capitulation de lord Cornwallis et la chute d'York-Town, elle reprit le large et disparut.
Le 5 novembre, la flotte du comte de Grasse
rembarqua les 3.500 hommes qu'elle avait amenés
(1) Les Etats-Unis ont choisi le 18 octobre, date de la prise d'York-Town, pour fêter le premier centenaire de leur Indépendance,
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au secours des Américains, et retourna à la Martinique malgré les instances de la Fayette et de Washington.
L'Angleterre, après la perte d'York -Town, sentant que les Etats d'Amérique lui échappaient, songea à faire sa paix avec eux, en reconnaissant leur indépendance, pour n'avoir plus à lutter que contre la France sa vieille ennemie, et contre l'Espagne qu'elle tenait pour peu redoutable. Mais les Américains reconnaissants, chose rare chez les peuples aussi bien que chez les partici.“ers, déclarèrent éraitres à la patrie ceux qui "r"craient traiter sans la participation de la ‘".uce ; et la guerre recommença.
Toutefois, elle recommença mollement. Les Anglais n'étaient plus maîtres que de Savannah en Géorgie, de Charles-Tswn dans les Carolines, qui devaient tomber bie: ot, et de New-York.
Les armées victorieuses se séparèrent. L'une, celle de la Fayette alla guerroyer dans la Caroline du Sud et en Géorgie ; l’autre, celle de Rochambeau, avec les Américains de Washington, passa l'hiver et le printemps de 1782, à Williamsburg, York- Town et Hampton, faisant la petite guerre contre les Anglais qui finirent par abandonner le pays.