‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 121 sur 334 · FABERT REVIENT SERVIR EN ITALIE · texte numérisé non relu

FABERT REVIENT SERVIR EN ITALIE

ment ennemi des manèges de cour! Il se borna à lui demander d'intervenir auprès du roi, chaque fois qu'il serait à propos'd'obtenir son approbation pour les projets qu'ils auraient préparés ensemble, ne doutant pas que l'estime du souverain pour cet honnête soldat ne rendît son entremise particulièrement efficace.

La veille du jour où expirait la suspension d'armes signée avec les Espagnols et les princes de Savoie, Fabert arriva à Pignerol (23 octobre). Il rejoignit le 2i, à Garignan, le comte d'Harcourt \ récemment désigné pour succéder au cardinal de la Valette dans le commandement de l'armée d'Italie, et sous les ordres duquel servaient, comme maréchaux de camp, le vicomte de Turenne et les comtes du Plessis-Praslin et de la Mothe-Houdancourt. Une instruction de Richelieu, où se trouvaient reproduites les dispositions des mémoires rédigés par Fabert quelque temps auparavant, de concert avec le cardinal de la Valette, prescrivait au général en chef de s'emparer de Chieri (Quiers), d'attirer l'ennemi de ce côté, si cela était possible, pour le combattre, enfin de ravitailler Casai -,

1. Henri de Lorraiiio, comlc d'Harcourt, frère du duc d'Elbeuf.

2. Instruction (mise au net) au comte d'Harcourt, du 17 octobre. {Arch. uff. étr., Turin, t. XXIX.) « On remarque dans celte instruction, dit M. Avenel (Lettres, papiers d'Etat, etc., du cardinal de Richelieu), ce soin curieux des affaires de la guerre dont se piquait Richelieu, et elle est écrite dans cet esprit de rare prévoyance qui le distingue et que demandait, surtout en ce moment, la périlleuse situation des affaires de Piémont. » D'une manière générale, M. Avenel est dans le vrai, mais il est évident qu'ici le mérite de la prévoyance et de la pénétration dont il fait hoiuieur à Richelieu, revient en grande partie à Fabert.

sous LE COMTK D'HARCOURT. 1^5

Des décharges d'artilleiie parties de la citadelle et de la ville de Turin ayant annoncé l'expiration de la trôve que le comte d'IIarcourt avait refusé de prolonger, pour se conformer aux ordres apportés par Fabert, l'armée française marcha de Garignan sur Chieri. Quelques boulets de canon lancés dans la place, du côté de la porte Darenne, suffirent pour en amener la capitulation (27 octobre) ^ Le ravitaillement de Casai proposé par Fabert et un capitaine du Montferrat, nommé Gays, fut opéré avec succès, à quelque temps de là, par un détachement d'infanterie et de cavalerie sous les ordres du baron de Courcelles ^. On séjourna à Ghieri plus de trois semaines, après lesquelles l'armée commença à manquer de vivres et de fourrages, l'ennemi occupant en force les points par où pouvaient arriver les convois. La famine était imminente : le comte d'Harcourt donna l'ordre de décamper pour revenir à Garignan. Fabert, convaincu de Timpossibilité de dérober à l'ennemi le mouvement de retraite commandé, annonça de bonne heure au général en chef que la journée ne se passerait pas sans combat. En eftet, dès que la tête de colonne, après avoir dépassé Trofarello et Gambiano, atteignit le ruisseau de Santena, près d'un endroit nommé la Rota, Lleganez avec les Espagnols, partis de Poirino, se jetait sur l'arrière -garde. Presque en même temps, l'avant-garde recevait le

1. Plan de la -ville de Quiers attaquée et rendue le jeudi 27 octobre 1639. (Journ. des camp, de Fabert.)

"1. Instruction (min.) de Richelieu à d'Argcnson, de Saint-Syiiiiiliorien (près de Roanne), Hl octobre. {Arcli. aff. élr., Turin, t. X\l\.;

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