ENFANCE DE FABERT
geait sans doute à se préparer dans cet enfant un successeur comme imprimeur juré. Toujours est-il qu'à partir de 1010 Abraham Faberl n'attacha plus son nom à ses œuvres ou le remplaça par celui de son fils'. Quant à celui-ci, se sentant peu d'inclination pour la profession paternelle, il ne chercha pas à justifier la faveur à laquelle il devait le brevet de survivance, La carrière ecclésiastique, que son père avait tout d'abord rêvé de lui faire embrasser, ne lui convenait pas davantage. Rien ne put vaincre sa répugnance pour les études auxquelles sa famille voulait l'assujettir en vue de lui obtenir une charge d'Église ; il ne montra vraiment de goût que pour les exercices militaires.
Lors de l'entrée à Metz, en 1613, du marquis de
t. La question de savoir si le jeune Abraham Fabert a ou non exercé la profession d'imprimeur, a été souvent agitée. L'existence du brevet de survivance explique suffisamment que son nom figure sur les productions sorties de l'atelier de son père.
On aura une idée des discussions qui se sont élevées à ce sujet, en lisant celle qui s'engagea en 1786 dans la Gazette de Paris (n°^ des -2, 14 et 20 avril) sous forme de lettres adressées aux rédacteurs par trois anonymes : un abbé, un imprimeur et un autre personnage.
— Le Cabinet dea titres (Boites grises de d'IIozier), à la Bibl. nal., possède un opuscule in-24°, impr., de huit feuillets, avec bois et vignettes, intitulé :
La grosse Exwaraye messine ou Devis amoureux d'un gros vf.r- TUGOY de village à sa mieus aymée Vazenatte.
Ecrit en vrai langage du haut pays messi^i.
A Metz, par le jeune A. Fabert.
D'après le glossaire du patois messin de D. Lorrain, enivaraife veut dire énamourée, et vazenatte ou vanzenalte, amante. Suivant Roquefort, rertugoy serait une sorte de jurement répondant à vertu de Dieu. On pourrait traduire gros vertugoy de village par gros jureur ou blasphémateur du nom de Dieu.