CADET AUX GARDES FRA>'OAISES
la Yalello \ que le roi venait de pourvoir de la survivance du gouvernement de la ville et du pays messin, un enfant de treize à quatorze ans, aux allures martiales, commandait la compagnie des enfants de dix à quinze ans, appelée à recevoir sous les armes le fils du duc d'Epernon : c'était le jeune Fabert. L'aisance et l'habileté avec lesquelles il fit évoluer cette petite troupe fixèrent l'attention de tons. La même année, à peu de temps de là, triomphant de la résistance de son père, il entra comme cadet dans une des compagnies du régiment des gardes françaises en garnison à Metz -, sous le patronage du duc, qui avait su reconnaître en lui des talents militaires d'une rare précocité.
Le gouvernement de l'État était alors aux mains
1. Bernard de Ncgaret, second fils du duc d'Epernon, connu d'abord sous le nom de marquis, puis de duc de la Valette.
2. IMusieurs compagnies du régiment des gardes qui avaient accompagné le roi, en 100:]. dans son voyage à Metz, y étaient restées on garnison.
Le cadet était un soldat volontaire, avec ou sans paye (Tabert rapporte dans ses Mémoires qu'en qualité de cadet il toucha d'abord rargent de la montre, et plus tard une haute paye), non inscrit sur les rôles, et par conséquent libre de se retirer du service quand cela lui convenait. Il venait se former dans un régiment au métier des armes, et, selon l'expression du P. Daniel (Histoire de la milice française, t. Il) , « se rendre capable d'y avoir de l'emploi «. 11 était généralement gentilhomme. Le même historien nous apprend, d'après Brantôme, qu'il v eut des cadets aux gardes dès l'institution du régiment, sous Charles IX.
La protection d'un chef puissant et le titre de gentilhomme pouvaient bien, quelquefois, soustraire le cadet à certaines exigences de métier, mais, au point de vue de la hiérarchie militaire, il n'était que soldat tout comme l'homme recruté à prix d'argent. Aussi, malgré la différence qui sépare à d'autres égards le cadet et le mercenaire, est-on en droit de dire que Fabert a été soldat, simple soldat. Ajou-