AVENTURE DONT IL EST VICTIME A CLEP.MONT
bien que m'a fait le roi est une raison de diminuer de zèle pour son service. C'est par ce zèle et cette activité qu'on me reproche que je me suis élevé des plus petits emplois, dont ces Messieurs parlent, aux grades dont je suis honoré. Je dois donc toujours servir de même, ne fût-ce que par reconnaissance; mais je me flatte que, continuant, je sortirai du régiment des gardes pour aller encore plus loin. Tout considéré, leurs conseils ne sont bons que pour ceux qui veulent y vieillir, de quoi je n'ai nulle envie, s Ainsi la conscience que Fabert avait de son mérite n'affaiblissait pas en lui le sentiment de ses obligations. Comment ne pas lui savoir gré d'avouer franchement son goût pour les honneurs, au lieu d'affecter de les mépriser !
Lorsque le commandement de l'armée de Brézé et la Meilleraye passa au comte de Guiche, nommé maréchal de France à Bapaume, Fabert fut chargé d'aller lui porter les ordres de la cour, qui étaient de rétablir les fortifications de Lens et de la Bassée, et, après avoir poussé au cœur de la Flandre pour ravager le pays, de revenir sur ses pas et d'hiverner dans le Boulonnais. En faisant route quelque temps après pour Compiègne, où il devait rendre compte au roi des résultats d'une autre mission qu'il en avait reçue, il faillit être victime, dans une hôtellerie de Clermonten-Beauvoisis, d'une folle équipée de deux jeunes officiers à moitié ivres, le comte de Rantzau, neveu du maréchal de ce nom, et un capitaine de cavalerie, qui s'obstinaient au milieu de la nuit, sans le con-