LE DUC D'ÉPERNON ACCUSÉ D'ATTENTAT CONTRE LE ROI
naître, à le troubler dans son sommeil. Il se jeta sur eux, répéc à la main, avec sa fougue ordinaire, et, dans la lutte inégale qui s'ensuivit, tomba percé de quatorze coups. Par un sentiment de générosité inouï, il ne voulut pas que le maître du logis fît arrêter les coupables; lui-même favorisa leur évasion ; bien plus, il demanda leur grâce au roi qui avait donné l'ordre d'instruire leur procès, et finit par l'obtenir. Pendant tout le temps que sa blessure le retint à Clermont, il y fut soigné par un médecin du roi, et Richelieu, les secrétaires d'État et les plus importants personnages de la cour envoyèrent prendre de ses nouvelles.
A son retour à Paris, après sa guérison, Fabert apprit qu'une accusation d'attentat prémédité contre la personne du roi et celle de son premier ministre pesait sur le duc d'Épernon. Un nommé Madaillan, gentilhomme de Guyenne chargé de crimes *, était le principal instrument, au service de quelque intrigue de cour, de cette odieuse machination, qui reposait sur une lettre forgée pour la circonstance, et portant la signature contrefaite de Girard, secrétaire du duc. Fabert intervint à propos pour confondre l'imposture ■-. Après avoir présenté Girard au comte de Gha-
1. En 1637, Madaillan était chef d'une troupe de révoltés qui défendit la petite ville de Sauvetat, près de Marmande. Attaqué par le duc de la Valette, il s'enfuit lâchement et sortit du royaume. (Girard, llist. du duc d'Épernon.)
i. On trouve aux Archives du Dépôt de la Guerre, t. LXVII, un saufconduit (min. du 2 novembre) délivré aux nommés Madaillan et Gril- Icsti pour se rendre à Paris et à la cour, et y fournir des explications sur dos « choses importantes au service du roi », en attendant Pentérinement des lettres d'abolition des crimes commis par eux en Périgord.