FABERT SE PORTE CAUTION POUR LE DUC
vigny, et l'avoir introduit auprès du cardinal (15 novembre), il offrit de rester enfermé à la Bastille jusqu'à ce qu'il eût réuni toutes les preuves qui devaient faire éclater au grand jour l'innocence du duc d'Epernon et la perfidie de Madaillan et de ses complices. Richelieu suspendit quelque temps sa décision, comme s'il voulait se procurer le plaisir d'humilier encore une fois le malheureux vieillard. Enfin, les sollicitations de Fabert et les renseignements circonstanciés qu'il donna sur les antécédents de Madaillan, déterminèrent le ministre à expédier l'ordre d'arrestation de ce misérable (10 décembre). Il fut pris et enfermé, à Paris, dans la prison de la Conciergerie '.
Fabert se rendit ensuite, avec l'autorisation du roi, à Loches, où le duc d'Épernon expiait, comme dans une prison, la prétendue complicité de son lils, le duc de la Valette, avec les factieux de ^edan, et où il l'avait fait appeler. Il trouva son bienfaiteur accablé sous le poids de cette dernière disgrâce, et en proie à une fièvre lente qui annonçait sa fin prochaine. Cruellement inquiet sur le sort réservé à ses petits-enfants, le duc, à ses derniers moments, conjura Fabert de les prendre sous sa protection, et d'assurer au roi qu'il mourait son très humble et
1. Madaillan ne fut condamné au dernier supplice et exécuté qu'à la lin de 1645, sur la poursuite du duc de la Valette, revenu d'Angleterre. (Voir : 1" lettre (cop.) de Mazarin au duc d'Épernon, du i() mai 1641, Bibliolliéque mazarine, //. 1719, t. 11; i" lettre (aut.) de Gaudin à Servien, du -1 décembre 1645, Arch. a/f. élr., France, t. GX.)