CINQ-MARS TENTE VAINEMENT DE GAGNER FABERT
Cinq-Mars, à force de perfides insinuations, propres à triompher de la faiblesse du roi et à exciter sa haine contre le cardinal, semblait être le maître de la situalion. Parmi les hommes que cette redoutable crise de la fortune de Richelieu trouva inébranlables dans leur fidélité à sa personne et à sa cause, sans parler des agents ordinaires de sa politique, tels que Chavigny, de Noyers et l'Italien Mazarin, dont il venait de récompenser les services diplomatiques rendus à la France par le chapeau de cardinal, nul ne pouvait mieux que Fabert, grâce à l'ascendant qu'il exerçait sur l'esprit du roi par ses manières ouvertes et son jugement éclairé, contrebalancer l'influence du favori et déconcerter les manœuvres des conspirateurs. Les événements lui en facilitèrent singulièrement les moyens.
Nous n'avons pas encore dit que Cinq-Mars accompagnait Louis XIII dans son voyage de Narbonnc h Perpignan. Pendant ce trajet, il se servit d'un prétexte pour aborder Fabert, dont la compagnie était de f escorte royale, et ne craignit pas de l'entretenir des projets qu'il méditait contre le cardinal. Déjà il avait trouvé des complices dans plusieurs officiers des gardes françaises ; Fabert était le seul qu'il n'eût pas encore osé sonder. On comprend sans peine le prix qu'il devait attacher à la participation, sinon à l'adhésion d'un tel homme à ses desseins ! Faute de documents permettant de préciser la nature et surtout l'étendue des révélations auxquelles Cinq-Mars se laissa aller, on peut juger de la gravité des avances