FABERT CONSEILLE A DE THOU DE SE RETIRER EN ITALIE
qu'il fit à Fabert pour le gagnei', par la réponse suivante qu'il en reçut : « J'ai pour maxime d'entrer dans les intérêts de mes amis, jamais dans leurs passions ; quiconque me méprise au point d'exiger de moi quelque chose contre mon honneur et ma conscience, me dispense, par une pareille insulte, des égards et de la considération que je lui dois. » En achevant ces mots, Fabert quitta brusquement son interlocuteur et se dirigea du côté d'Augustin de Thou, qu'il avait aperçu à quelques pas de là. Le sachant mêlé de fort près au complot tramé contre Richelieu, il jugea l'occasion propice pour essayer de l'arrêter sur la pente où son fatal ami le grand écuyer, de machinations en machinations, l'entraînait avec lui dans l'abîme. Il le mena donc à l'écart, et mit en œuvre toutes les ressources de l'amitié qu'il lui portait, pour le convaincre que le seul moyen de se soustraire au danger suspendu sur sa tête, était de se retirer au plus vite en Italie et d'y rester caché jusqu'à ce que les événements lui fussent plus favorables. Sur le moment, de Thou promit de suivre ce sage conseil; mais ensuite, soit qu'il ait regardé comme indigne de sa loyauté de s'aftranchir des engagements qui le liaient à Cinq-Mars et aux autres conjurés ', soit, comme on l'a prétendu, qu'il ail été retenu en France à cette époque par une maladie pour laquelle il ne voulait recevoir de soins que des
1. « Je suis mauvais courtisan et peu assidu, mais assurément je ne manque jamais à ce que je dis et à ce que j'ai promis. » (Lettre aut. de de Tliou à Cinq-Mars, de 1641, dans la Collection d'autographes de M""" Ve Chambry.)