SCÈNE VIOLENTE ENTRE LE ROI ET CINQ-MARS
chirurgieiis du roi, il ne donna pas suite à sa première résolution'.
Cependant, le roi et sa suite arrivèrent promptement devant Perpignan. En raison de la petite quantité d'approvisionnements dont on avait appris par Fabert que l'ennemi disposait, le conseil décida de réduire la place par la famine, ce qui demandait environ deux mois. C'était le temps qui restait à Cinq-Mars pour assurer le succès définitif de ses menées. Mais un dangereux obstacle continuait à se dresser devant lui, plus menaçant que jamais, le crédit de Fabert auprès du roi. Lors même que l'intérêt ne l'aurait pas poussé à faire échec au capitaine aux gardes, l'amour-propre lui eût conseillé de prendre sa revanche de la défaite qu'il avait essuyée en se livrant à lui sans pouvoir le séduire. Un jour qu'il se rencontra chez le roi avec l'incorruptible soldat, il crut le moment venu de se venger de l'humiliante leçon qu'il en avait reçue. Tandis que Fabert rendait compte à Louis Xlll, en présence du comte de Charost, capitaine aux gardes, et de deux autres personnes, des incidents du blocus de Perpignan, et lui faisait part de ses idées au sujet de nouveaux ouvrages de fortification à construire, le grand écuyer l'inter-
1. Les circonstances de l'entretien de Fabert avec Cinq-Mars et de Thou, rapportées par le P. Barre, d'après Saint-Jory, ont été reproduites parle P. Griffet. (Histoire du règne de Louis XIII, Paris, 1758.) Suivant Tallemant des Réaux (Historiettes, édition Monnierqué et Tasclicreau, 184-0), qui raconte d'une manière un peu différente la conversation avec de Thou, Fabert aurait prié ce dernier « de ne rien lui dire qu'il fût obligé de découvrir >; .