RICHELIEU ANNON'CE A FABERT SA NOMINATION
Celui-ci, dans l'intervalle qui sépare la chute de Perpignan de la transaction survenue entre le roi et le duc de Bouillon, avait quitté le Roussillon avec sa compagnie pour se rendre à la cour. Vn courrier lui apporta, à son passage à Montpellier, une lettre qui l'appelait auprès de Richelieu. Le jour et à l'heure où Cinq-Mars avait comparu pour la dernière fois devant ses juges, le cardinal s'était éloigné de Lyon pour se diriger sur Paris. Fabert l'ayant rejoint au château de Marcigny, entre Roanne et Digoin (1 9 septembre), il le prit à l'écart, afin de ne pas être entendu de ceux qui les entouraient, et lui annonça, avec des marques d'une vive satisfaction, que le roi, en récompense de ses bons services, l'appelait au gouvernement de Sedan. « Je veux prendre soin, ajoutat-il, de ce qui concerne l'utile de votre charge, car je vous connais si désintéressé que si nous vous laissions faire, vous garderiez si peu de chose de vos émoluments, qu'il ne vous resterait pas de quoi vivre en gouverneur. Nous enverrons à M'"''de Fabert mille écus par mois, afin qu'elle entretienne votre table, .le réglerai le reste sans vous consulter, et comme je crois que vous n'avez pas de meubles ni de vaisselle d'argent, Sa Majesté vous fera donner dix mille écus pour être employés à cela. Le roi vous dira la résolulion qu'il a prise, lorsque vous aurez une fois réglé toute chose à Sedan, que vous continuiez de le servir, comme vous faites à la cour et dans ses armées. Je ne vous parle point de la manière dont vous aurez à vous conduire avec les uens de la reli-