MESURES DE RÉPRESSION. — MORT DE RICHELIEU
Dès lors, Fabert perdit tout espoir de les amener, par les voies de la persuasion, à se désister de leur opposition, et se décida à sévir. Il ordonna aux membres du conseil de s'assembler, les contraignit à enregistrer sa commission, destitua les magistrats les plus obstinés, cassa quelques autres officiers rebelles, et pourvut sur-le-champ à leur remplacement. Ensuite, il écrivit au roi pour lui exposer les motifs qui lui avaient commandé ce coup d'autorité, et le prévenir contre les insinuations malveillantes de ceux qu'il savait intéressés à le décrier.
Sa lettre arriva à la cour le jour même où Richelieu rendait le dernier soupir (4- décembre). Lorsqu'il apprit à Sedan la mort du cardinal, il trouva de nobles paroles pour exprimer à Louis XllI les regrets qu'il en éprouvait. A cette occasion, il crut devoir rappeler au roi les avances qu'il avait reçues autrefois de Richelieu, et lui donner l'assurance que le zèle infatigable dont il savait ce ministre animé pour le bien de l'État, l'avait seul porté à se dévouer à son service. C'était peut-être se hâter un peu trop de mettre à découvert le côté personnel de ses impressions. En tout cas, s'il y eut quelque faiblesse de sa part à mêler des préoccupations d'avenir à ses condoléances, dans un moment qui paraissait devoir être exclusivement réservé par les amis du cardinal à la manifestation de leur douleur, il en faut rendre responsable le roi, dont le caractère inspirait si peu de confiance à ses meilleurs serviteurs. La crainte d'une disgrâce imminente, commune aux créatures de l'ancien minis-