LE ROI RASSURE FABERT QUI CRAINT UNE DISGRACE
tère, s'était emparée deFabert. La lettre par laquelle Louis XIII annonçait (5 décembre) aux parlements et aux gouverneurs des provinces sa résolution de conserverleurs charges aux hommes qui avaient secondé Richelieu dans la conduite des affaires, n'avait pas calmé chez lui ce légitime souci du lendemain. ïl se sentait peu disposé à partager, sous ce rapport, la sécurité que semblait montrer Chavigny'. Cependant, on doit le reconnaître, Louis XIII ne justifia pas cette lois la défiance dont il était l'objet. Il répondit à Fabert (8 janvier 1643) par une lettre où il ne lui ménageait pas les témoignages de son affectueuse estime. On sait d'ailleurs que, plein de respect pour la mémoire du grand cardinal, et fidèle aux promesses qu'il lui avait faites à son lit de mort, le roi étendit sa protection sur ses parents et ses amis. Le secrétaire d'État de la guerre, Sublet de Noyers, celui des affaires étrangères, le comte de Chavigny, ainsi que Bouthilier, surintendant des finances, conservèrent leurs charges; Mazarin vint s'asseoir dans le conseil à la place de Richelieu.
Fort de l'appui de Mazarin, dont il avait déjà eu
1. (( Sa Majesté vou? écrit, comme par tout son royaume, la résolution qu'elle a prise de continuer la même conduite dans l'administration de l'État, et, pour cet effet, de se servir des mêmes personnes qu'elle employait. Elle a mis M. le cardinal Mazarin dans son conseil ; elle veut désormais s'appliquer plus que jamais à soutenir les affaires de son État, de sorte qu'il y a tout sujet d'espérer, dans le malheur qui nous est arrivé, que toutes choses iront bien, avec l'aide de Dieu.... » f Lettre (aut.) de Chavigny à Fabert. du 0 décembre, Bihl. vat., Recueil Cangé, t. LXVI.)