MENACE DE TROUBLES
des preuves', Fabert redoubla d'ardeur et de vigilance pour assurer l'ordre dans Sedan, ce qu'il espéra obtenir par l'établissement d'une police sévère. Toutefois, les mesures auxquelles il eut recours ne répondirent pas à son attente. Malgré le bon accueil que rencontra à la cour une députation sedanaise comptant parmi ses membres le pasteur Rambour, et recommandée par Fabert à la bienveillance de Mazarin ; malgré les assurances écrites données par le cardinal aux ministres, aux officiers et aux habitants, que le roi était prêt à seconder leurs bonnes dispositions par un traitement favorable-, la rébellion s'aggrava encore. Le bruit répandu par c{uelques meneurs, et qui avait rapidement pris consistance, f|ue Sedan était aux mains du roi à titre de dépôt, et que par l'entremise du prince d'Orange et de la landgrave de Hesse^ la place ne tarderait pas à être rendue à son ancien prince \ avait singulièrement contribué à augmenter l'effervescence '. Une catastrophe était
1. Lellrc (aut.) de Fabert à Mazariii, du IG novembre 1642. (Collection de M. Michel Chasles, de riiislitut.)
:2. Lettres (cop.), du 2'2 janvier 1643, de Mazarin à Fabert, aux ministres, aux officiers et aux habitants de la ville de Sedan. {Bibl. maz., Ms., Correspondance de Mazarin, H, 1719, t. 1.)
3. Amélie-Élisabelh de Hanau, veuve de Guillaume V, landgrave de Hesse. Celte princesse, alliée de la France, avait intercédé précédemment auprès du roi en faveur du duc de Bouillon.
4. Lettre (aut.) de Fabert à Mazarin, du 18 février. (Collection de M. Jean-Baptiste Brincourt, à Sedan.) Dans cette lettre, Fabert dit de M. Rambour : « C'est une personne qui a plus de sens et de crédit qu'aucune qui soit ici. »
5. Par une déclaration (aut., Arch. nat., K, 114) du 10 janvier, Frédéric-Maurice établissait que « la contrainte seule avait pu l'obliger à faire l'abandon de sa. principauté ».