‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 175 sur 334 · SUPPLICE DE QUELQUES MUTINS · texte numérisé non relu

SUPPLICE DE QUELQUES MUTINS

inimincnle: Fabei't la prévint en envoyant au supplice quelques-uns des plus coupables. Cet acte de rigueur répugnait à son caractère, mais il le crut nécessaire pour éviter de plus grands malheurs. « Dans un nouveau gouvernement, c'est une clémence, écrivait-il quelque temps après à Chavigny, que de faire d'abord des exemples qui diminuent le nombre des séditieux ou arrêtent le cours de leur révolte; un peu de sang répandu à propos en épargne beaucoup. »

Aussitôt que le calme succéda à ces agitations politiques, Fabert songea à aborder le côté religieux de sa mission. Le moment lui parut propice pour relever, au milieu des Sedanais, la religion catholique de l'état d'humiliante infériorité où l'avait fait descendre vis-à-vis du calvinisme l'apostasie (1560) de Ilenri-Robert de la Marche, et auquel n'avait pu la soustraire la récente conversion (1636) du duc de Bouillon. Il ne s'agissait rien moins que d'arriver à soumettre sans secousse les réformés des Terres souveraines aux mômes lois que leurs coreligionnaires du reste du royaume. La tâche était délicate. Fabert conseilla fort adroitement aux magistrats, aux ministres et aux membres du consistoire de ne pas attendre qu'on leur imposât un sacrifice digne de leurs sentiments de tolérance, et qu'ils avaient tout avantage à consentir librement. « Tenir la religion catholique dans l'avilissement, c'est, leur dit-il, avilir le roi luimême, c'est l'insulter dans ses propres Etals ;

laissez aux autres, dans l'exercice de leur culte, la liberté dont vous jouissez vous-mêmes; vos droits,

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