RENSEIGNE SUR L'ENNEMI L'ARMEE DEVANT TH[ONVILLE
décharger du payement de vingt-deux mille rations de pain, avancées par lui aux troupes du duc d'Engliien, lorsqu'elles avaient passé à Sedan, s'acheminant vers Thionville. En outre, il avait réussi à leur éviter la dépense et les incommodités du logement de cinq régiments de cavalerie envoyés du camp de Thionville à l'armée du duc d'Angoulème, qui était chargée de couvrir les frontières de Picardie et de Champagne '. Ajoutons que, pendant le siège de cette place, il ne négligea rien pour tenir l'armée royale au courant des mouvements des Espagnols sur la frontière. Les agents qu'il employait à ce service d'espionnage allaient prendre parfois leurs informations jusque dans le camp ennemi, auprès des officiers et des généraux eux-mêmes^ Après la reddition de la forteresse espagnole, pour célébrer ce grand succès des armes du roi, il fut invité à faire chanter un Te Deum dans l'église catholique de Sedan et à assister en personne à la cérémonie •'.
Cependant, le duc de Bouillon avait paru accepter sans arrière-pensée la décision prise à la cour contre ses intérêts. L'on vit bientôt qu'il dissimulait. L'abbé de la Rivière étant venu le trouver, au nom de la reine et du duc d'Orléans, pour s'informer de ses intentions, il lui déclara ne vouloir traiter de l'é-