Lettre de Real au duc de Bouillon, du 30 juillet
2. Arch. a/f. élr., Pays-Bas, t. \lY,p(tssim; lettre (aut.) de Fabert au duc d'Enghien, du 10 août. (Arch. de Conilé, Recueil de lettres manuscrites, t. CCXCVI.)
3. Lettre (cop.) du roi à Fabert, du 15 août. (/?iW. de V Arsenal, Ms., liecueil Conrart, t. VII.)
L'ECHANCiE DE SEDA.N l'HUl'OSE AU DUC DE BOUILLON. :'37
change de Sedan que dans la place même, apiès qu'on la lui aurait rendue. Mazarin, on le conçoit sans peine, repoussa ceUe proposition ; mais il crut politique de prévenir une rupture délinitive avec Frédéric-Maurice, qu'il ne considérait pas comme seul en cause. La maison de Bouillon avait un autre représentant, le vicomte de Turenne, dont le mécontentement, parfaitement connu du cardinal, pouvait être exploité par le parti protestant contre le gouvernement de la régente '. Celle-ci satisfit fort à propos la légitime ambition du jeune lieutenant général en lui accordant le bâton de maréchal de France, récompense de ses brillants services, et surmonta sa défiance par la promesse faite à son frère d'attacher de nouveaux avantages à l'échange resté en suspens. Avant de prendre d'autres arrangements avec le duc de Bouillon, Mazarin songea à consulter Fabert. Il l'appela à Paris, dans ce but, vers la fin de l'année 16-43^. Dès qu'il eut recueilli de sa bouche les renseignements désirables, il amena la régente à proposer à Frédéric-Maurice de lui donner l'équivalent des Terres souveraines en terres démembrées du domaine royal, avec titre de duché-pairie, et de lui
i. Lettre (cop.j de Mazarin à Turenne, du 21 août {Dihl. maz., Ms., H, 1719); Caniels de Mazarin (3'' carnet), fin août (Dihl. nat. Ms.).
2. Quelque temps auparavant, Mazarin avait signfrté à Fabert le duclic de Bouillon, dans le voisinage des Terres souveraines, comme étant le foyer de sourdes agitations entretenues par quelques partisans de Frédéric-Maurice, de concert avec les liabitants du pays. (Lettre (cop.) du 26 sontemhre, nUd. Maz., H, 1719, t. I.)
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conserver « les honneurs, dignités", rangs et séances ^) dont il avait joui jusque-là, dans le royaume, comme prince de Sedan et duc de Bouillon, En attendant la réponse à cette offre, le cardinal fit délivre)' à Fabert (15 janvier 1(544) les provisions de «. gouverneur des ville, château et principauté de Sedan et de Raucourt ' » .
Lorsqu'il eut prêté pour cette charge, entre les mains du chancelier Seguier, le serment d'usage (!23 janvier), Fabert présenta à l'examen de Mazarin (2 février) un mémoire délaillé des mesures qu'il croyait opportun d'introduire dans son gouvernement-. Le cardinal se mit d'accord avec lui sur presque tous les points. En premier lieu, au sujet de l'augmentation du nombre des prêtres de l'Eglise de
1. Ces provisions sont rcproduitos dans le t. XVI de la Collée tion des ordonnances niiliUiires (Bihl. du ministère de la guerre). On les trouve dans le registre du greffe du conseil souverain de Sedan. La date à laquelle elles ont été enregistrées est restée en blanc.
Le gouvernement de Sedan était un de ceux que le duc d'Orléans aurait voulu avoir pour lui. Il l'avait demandé avec instance à la reine, après la dispersion des Importants. (Dibl. nat., .Ms., Dispucci degV ambascialori Veneziani, t. XCIX, dépêche de Gierolamo C.iusliniani.du 2'J seplembre.)
"2. Nous avons découvert ce mémoire autographe de Fabert parmi des liasses de papiers manusci'its conservés dans les armoires de la bibliothèque Sainte-Geneviève. Le titre en est : Mémoire pour Sedan, présenté et lu d Monseigneur le cardinal Mazarin, le jour delà Chandeleur Klil, apostdlé en marge selon la résolution prise par Son Eminence sur chacun article. De même que les Campagnes du maréchal de Fabert, par le chevalier de Saint-Jory, et le Journal des campagnes de 1630 à 1(339, il a fait partie du dossier des pièces confiées au P. Barre, vers le milieu du dix-liui!ièmc siècle, par les descendants de Fabert. Il porte, du reste, des annotations de la maie. du savant génovéfaiii.
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Sedan, eUlu rcmplaceiiienl des cui'rs ignoranis ou indignes nommés par le duc de Bouillon, il annonra à Fab(3rl son projet d'instituer un évèché à Sedan. 11 lui promit ensuite : i° la participation du gouvernement royal à l'édilication de deux temples destinés aux réformés sedanais, dont on espérait obtenir, par ce moyen, l'abandon volonlaire des églises aux catholiques; "i" les pouvoiis nécessaires pour employer à la défense de la place, en cas de besoin, les habitants des villages de France limitrophes des Terres souveraines ; & la réunion de Donchery au gouvernement de Sedan ;4'''rétablissement, dans le château, de logements militaires ; 5" l'envoi prochain de fonds pour continuer les travaux de forlification. Le cardinal s'engagea aussi à mettre à la disposition de Fabert, pour la levée d'un régiment de treize cents hommes à douze compagnies, dont celui-ci offrait de se charger, la somme consacrée jusqu'alors à l'entretien de six cents hommes formant trois compagnies suisses de la garnison. De plus, il l'autorisa à laisser, pendant un à deux ans, en possession de leurs offices les magislials calvinistes dévoués au service du roi; quant à ceux chez lesquels on soup(;onnerait quelque parti pris d'hostilité, ils devaient être révoqués. Mazarin voulut également que le gouverneur concourut à l'avenir, dans une large mesure, au choix des officiers du corps de ville. Sur la question de savoir s'il y avait lieu de renouveler avec les Espagnols le traité conclu à une époque antérieure par Frédéric-Maurice, afin d'affranchir les Terres souve-