CHAPITRE IL
(I6ii— 1G48.)
Fabcrt met sur pied un régiment criiifaiilerie; recrutement, solde et logement de ce régiment, nouveaux principes d'organisation militaire qui lui sont appliqués, ses premières campagnes. — Fabert surveille les mouvements de l'ennemi sur la frontière. — Le siège de lîoses est décidé sur sa i)roposition. — Voyage de Fabert àNarbonne, Montpellier et Agde pour préparer le siège (16i5). — Il est fait prisonnier s\ir la route de Figuières. — Émotion que cause à la cour la nouvelle de sa captivité. — Échec des pourparlers engagés pour sa délivrance. — Du Plessis-Praslin met le siège devant lioses. — Fabert seconde les combinaisons des assiégeants. — Ré" dige la capitulation. — Revient à Sedan. — Sa conduite lui suscite des envieux. — Témoignage de confiance que lui accorde Mazarin. — Pamphlet dirigé contre Mazarin et Fabert. — Fabert entre dans les conseils du roi. — Mesures qu'il prend pour la sûreté de Sedan (lf46). — Mazarin le consulte sur la campagne à rouvrir en Italie. — Départ de Fabert pour l'Italie avec la Meilleraye. — Au siège de Porto-Longone, dans l'île d'Elbe. — Cesse d'entretenir son régiment d'infanterie, faute d'argent. — Aide aux progrès de Findustrie sedanai.se des draps. — Rapports de Fabert avec Chavigny (1647). — Fabert projette d'acquérir Plancy. — Se rend à Bourbonne, en Berry et dans le Blaisois. — Est en butte aux accusations du duc de Bouillon — S'oppose à la suppression du conseil souverain. — Amène les bourgeois de Sedan à coopérer aux dépenses pour les fortifications. — Belles paroles qu'il prononce en réponse à ceux qui veulent le détourner du projet de fortifier Sedan à ses frais. — Refuse à Mazarin de l'argent pour des levées ;
- aide aux opérations de recrutement. — Rappelle à Mazarin les promesses de remboursement qu'il en a reçues. — Entre en négociations pour l'achat de Larrey (1048). — Premiers troubles civils à Paris; rôle de Fabert. — Intelligences du duc de Bouillon avec
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les Sedanais. — Arrestation de Chavigny ; Fabert contribue à l'élargissement du prisonnier.
La paix el l'ordre intérieurs n'appelaient pas seuls les soins de Fabert. Il se préoccupait aussi de la sûreté extérieure de son gouvernement, sans négliger les intérêts de la défense générale du royaume. Dès le C mai, il avait renouvelé, pour trois ans, avec le général Beck, un traité conclu quelques mois auparavant, par lequel les terres de Sedan et du Luxembourg se trouvaient mutuellement garanties contre les courses de leurs partis armés, et les réquisitions d'argent qui en étaient la suite'. De plus, en vertu d'une commission de mestre de camp, en date du iO janvier', selon les offres formulées dans son mémoire du 2 février, et dans un autre du 5 mars, adressé au comte de Brienne^, il avait mis sur pied, en peu de mois, un régiment d'infanterie de mille deux cents hommes répartis en douze compagnies (deux tiers de mousquetaires et un tiers de piquiers), dont un certain nombre devaient être affectées, à tour de l'ôle, au service de garnison, tandis que les autres, tenues en haleine par des revues et des exercices incessants, étaient destinées à servir en campagne. Le recrutement de cette troupe, limité au territoire de la principauté, avait eu lieu par l'intermédiaire d'officiers recruteurs, chargés de procéder à l'enrô-
1. Un premier traité avait été négocié, le 29 décembre 1643, entre Beck et les officiers du conseil souverain; l'original en existe aux Archives de la mairie de Sedan.