BLESSÉ AU SIÈGE DE PRIVAS
chements qui suivent, les officiers eux-mêmes auxquels on doit l'adoption de ce plan funeste demandent à l'abandonner. Alors le roi, revenant à l'avis de Fabcrt, décide que le gros de l'armée attaquera dij-ectement le retranchement, tandis que deux corps tourneront la position par les flancs des hauteurs : c'est ce qui est exécuté sans le moindre retard *. Aussitôt, l'ennemi débusqué abandonne le fort et la ville. x\près son enirée à Siisc, le roi, reconnaissant des services signalés que lui a rendus Fabcrt, le présente au cardinalice Richelieu en lui disant: a Voilà le brave major dont je vous ai parlé, et à qui je dois la réussite de celte grande journée. »
La même année, Fabert, rentré en France avec les troupes royales, prit part (mai) au siège de Privas, dans le Vivarais, une des meilleures places huguenotes dévouées au parti du duc de Rohan. Il y fut blessé grièvement d'un coup de mousquet, en menant sous un feu meurtrier les volontaires de Rambures à l'attaque d'un ouvrage avancé. On le transporta de là à Valence. Mandé à la cour après sa guérison, le roi le complimenta sur le brillant courage qu'il avait déployé devant Privas, et lui fit annoncer, peu de temps après, par le mestre de camp de Rambures, l'envoi prochain d'une commission de capitaine, sans préjudice de sa charge de sergent-major. Fabert, se fondant sur ce que le duc d'Épernon avait seul le droit
1. Les dispositions de cette triple attaque de la position ennemie sont indiquées avec détail dans un ordre du roi et dans des relations man. du temps. (Arch. aff. étr., Turin, t. IX.)