A VENISE AVEC LE DUC DE LA VALETTE
de modifier et d'étendre les attributions d'une charge dont il disposait, refusa cette faveur. 11 crut y voir le dessein de porter atteinte aux prérogatives du colonelgénéral de l'infanterie, et un piège tendu à son propre honneur. Il déclara donc à de Rambures qu'il ne méconnaîtrait jamais les devoirs de la reconnaissance vouéeà son protecteur, en se faisantle complice du roi. De Rambures tenta vainement d'atténuer l'impression de cette brusque fin de non-recevoir sur l'esprit défiant de Louis XIII. Des signes non équivoques du mécontentement royal ne tardèrent pas à éclairer Fabert sur l'imminence d'une disgrâce, et ce fut sans doute pour en prévenir l'éclat qu'il prit le parti de s'éloigner de la France, en suivant à Venise le duc de la Valette. Celui-ci avait pour mission d'accompagner le duc de Rohan, qui avait accepté l'exil dans cette ville au prix de la restitution de ses biens et du pardon octroyé par édit royal à ses coreligionnaires. Fabert, dans ses Mémoires^ a simplement mentionné ce voyage. Il ne séjourna d'ailleurs que peu de temps à Venise.
A son retour en France, au commencement de 1630, il se rendit à Metz, où il tomba malade. Son père s'efforça de l'y retenir, en lui offrant, s'il renonçait à la carrière des armes, les avantages d'une existence paisible et les séductions de la fortune. Il comptait, le maître-échevin, sans la passion irrésistible qui animait son fils pour la gloire. Ses instances furent vaines. Malgré la fièvre qui le minait, Fabert partit pour Lyon, dans l'intention de rejoindre en Piémont