‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 216 sur 334 · FABERT AU SIÈGE DE POHTO-LONGONE DANS L'ILE D'ELBE · texte numérisé non relu

FABERT AU SIÈGE DE POHTO-LONGONE DANS L'ILE D'ELBE

espagnole de Porto-Longone', tandis que le reste de rarmée allait assiéger celle de Piombino, également au roi d'Espagne, et située en face de l'ile, sur la côte ilalienne. Pendant que les maréchaux attaquaient Piombino, Fabert fit la reconnaissance de Porto-Longone. Du côté de la terre, il se glissa audacieusement jusqu'à la contrescarpe, et blessa une sentinelle qui avait tiré sur lui. La nuit suivante, avec un certain nombre d'hommes montés dans des chaloupes, il alla se saisir, à peu de distance du port, de plusieurs barques espagnoles.

Apiès la prise de Piombino, la Meilleraye et du Plessis-Praslin se rendirent devant Porto-Longone. Suivant le conseil de P'abert, la tranchée fut ouverte le 10 octobre au soir. Dans la nuit du lo au 14, malgré les sorties répétées des jours précédents, les troupes royales atteignirent la contrescarpe. La descente du fossé commença le i^'-. Fabert, constamment à la tête des travailleurs, marchait droit aux obstacles sans considérer le danger. Plusieurs officiers furent tués ou blessés à ses côtés, et lui-même reçut un coup de pierre à la tète. La place se rendit le 29 octobre, après dix-sept à dix-huit jours de résistance. De l'aveu du grand maître, Fabert était

1. Dans une lettre (aut.) à Cliavigny, datée de l'ile d'LIiie, 30 octobre (Collection ap|iartenant à la famille Bixio), Fabert, après avoir décrit Porto-Longone, ajoutait qu'il considérait ce poste comme important, principalement « pour inconunoder à l'ennemi le trajet de Naples en Espagne ».

2. Lettre; (aut.) de Fabert à Cliavii,niy, de l'orto-Longone, M octobre. iArch. nul., K, 117 15.)

■im CESSE D'E.NTRETENIII SON RÉGIMENT D'INFANTERIE.

pour beaucoup dans ce rapide dénouement. Loin de s'en vanter, il écrivit à Chavigny, le lendemain de la capitulation : « L'expérience et les soins de MM. nos généraux ont donné cette place à la France ; il n'est pas croyable le travail qu'ils ont pris. Le pauvre M. le grand maître, accablé de goutte et de douleurs, n'a pas laissé de faire ce qui eût fait malade l'honuiie du monde le plus sain '. »

Suivant les ordres donnés par Mazarin, Fabert devait revenir à la cour immédiatement après la chute de Porto-Longone'-. Il arriva à Paris, le 6 décembre, avec le maréchal delà Meilleraye. Après s'être entretenu avec le cardinal de l'heureux événement qui effarait l'échec d'Orbitello et avait déjà déterminé le pape à changer d'attitude envers la France, il lui représenta la situation gênée où il se trouvait en raison des avances qu'il faisait depuis deux ans pour l'entretien du régiment sedanais. Ses démarches pour recouvrer les trois cent mille livres qui lui étaient dues n'ayant amené aucun résultat, il demanda et obtint l'annulation du traité qui l'obligeait à entretenir son régiment d'infanterie ■'. Quatre compagnies seulement furent conservées sur pied. En présence de cette notable diminution de la garnison, il jugea urgent de procéder à la réparation et à l'extension des Ibrtiticationsde Sedan. Antérieurement, et à plusieurs

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