ROLE DE FABEIIT PENDANT LES TROUBLES CIVILS
qui allait exciter toutes les ambitions, favoriser toutes les intrigues, et faire déchoir l'autorilé royale en laquelle seule résidait le salut public, il songeait à prévenir les calamités de la guerre civile prête -à fondre sur la France. On était à la veille de cette sanglante comédie de la Fronde, dont le cardinal de Retz devait jouer, pour ainsi dire masqué, le premier rôle, et, tandis que l'on verrait la plupart des grands personnages du royaume et les membres des compagnies souveraines, tous soutiens naturels du trône, descendre au rang- d'agitateurs vulgaires et déchaîner contre Mazarin le torrent des imprécations du peuple, un petit groupe de serviteurs dévoués de l'Élat, entre lesquels se distinguerait Fabert par la droiture de ses intentions et l'activité de son zèle, serviraient de bouclier à la royauté en péril dans la personne du premier ministre.
Le duc de Bouillon fut un des premiers qui entrèrent dans le mouvement frondeur. L'occasion dut lui paraître propice pour ressaisir sa principauté. Il se promettait beaucoup des intelligences nouées par sa femme, Éléonore de Bergh', avec les habitants de Sedan et de Saint-Menges, et habilement dissimulées sous les dehors d'une assistance charitable. Fabert, tenu au courant de ce qui se passait, en informa le cardinal, et lui demanda des ordres pour éteindre « un feu duquel le progrès, disait-il, obligerait à en venir
1; Parlant du duc de Bouillon, Fabert disait: « C'est uu homme (lui|ucl la lemmo est l'âme. "