ARRESTATION DE CHAVIGNY
à des remèdes extrêmes et violents », alors qu'il était temps encore de le combattre par des moyens « assez doux ^ )) . Sur ces entrefaites, l'arrestation, au château deVincennes (18 septembre), du comte de Chavigny% qui passait, à tort ou à raison, aux yeux de la cour, pour un des plus dangereux inspirateurs du parti des frondeurs, vint lui causer une pénible surprise. Ses relations suivies avec l'ancien confident de Richelieu et les nombreux services qu'il en avait reçus, lui imposaient le devoir d'user de son créditpour le sauver, ou du moins pour lui épargner de nouvelles disgrâces. Il n'y manqua pas. Lui seul pouvait, sans doute, intervenir en faveur du prisonnier sans paraître trop suspect au cardinal. Dans ce but, il partit en toute hâte pour Saint-Germain, où il arriva le 7 octobre.
Là, il apprit de Mazarin lui-même que le duc de Châtillon^, ayant été chargé d'apporter à la reine la nouvelle de la victoire de Lens, s'était abouché avec Chavigny, auquel il avait révélé, non seulement le mécontentement qu'il éprouvait de n'avoir pas été élevé au maréchalat*, mais aussi les dispositions peu favorables dont le prince de Condé se montrait animé
i. Lettre (aut.) de Fabert à Mazarin, du 8 juillet. (Arch. nat. ,KK, 1071.)