‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 239 sur 334 · MESURES DE SÛRETÉ INTÉRIEURES · texte numérisé non relu

MESURES DE SÛRETÉ INTÉRIEURES

observer celles qui étaient suspectes ^ Une ordonnance rendue le 24 janvier défendit, sous peine de la vie, à toutes personnes, de quelque condition qu'elles fussent, de communiquer par lettres ou autrement, directement ou par des intermédiaires, avec le duc et la duchesse, leurs serviteurs et les habitants expulsés^. Les précautions les plus minutieuses furent prises à la même époque (ordonnance du 29 janvier) '^ pour qu'aucun étranger n'entrât dans la place et n'y séjournât, et qu'aucun soi-disant soldat, venant pour s'enrôler, n'y logeât sans y être dûment autorisé. Les amendes infligées aux habitants qui contreviendraient aux ordres du gouverneur, en donnant un gîte aux étrangers, sans en avoir reçu la permission, devaient être appliquées aux travaux de fortification. De plus, toutes les personnes qui ne jouissaient pas du droit de bourgeoisie et n'étaient ni compagnons de boutique ni apprentis régulièrement inscrits sur les registres du major de place, étaient prévenues d'avoir à « vuider la ville et le pays » dans le délai de trois jours.

A ces mesures, approuvées par Mazarin \ en succédèrent d'autres (ordonnance du 23 mars) "', desti-

i. Lettre de ^"abert à Cliavigny, du lô février, citée p. 306.

2. Expédilion originale, écrite et signée de la main de Fabcrl. (Arch. de la mairie de Sedan.)

3. Ordonnance orig. de la main de Fabert et signée de lui. {Arcli. du tribunal de Sedan.)

•i. Lettre de Mazarin à Fabert, du 10 mars (en min. aux Archives nationales, KK, 1075, en copie aux Archives des alj'aires étrangères. Recueil spécial des lettres de Mazarin, t. XXV).

5 P. Norbert.

MILICES BOUnf.EOlSES. .'JO'J

nées à empêcher les liabitants de communiquer, par lettres ou messages, avec les frondeurs, ou de leur envoyer de l'argent et des vivres. En même temps, Fabert exigea la rigoureuse exécution de ses instructions relatives au service de garde, d'après lesquelles les officiers et les soldats étaient astreints à tirer au sort, chaque jour, les portes du château et de la ville, afin qu'il n'y eût pas d'entente possible entre eux pour conspirer.

En outre, un règlement de discipline niilitaire (31 mars) ', renouvelé d'une ordonnance de Frédéi'ic- Maurice de 1G3S, fit participer, d'une manière directe et active, les milices bourgeoises de la principauté, fortes de cinq mille trois cent cinquante hommes"', à la défense locale. Tous les quinze jours, le dimanche, depuis Pâques jusqu'à la Toussaint, les miliciens s'assemblaient pour l'exercice. Il était prescrit que les armes seraient tenues en bon état. Les maires et les capitaines des bourgs et villages avaient à veiller à ce que les forts situés dans leurs paroisses respectives reçussent les approvisionnements nécessaires. En cas d'alarme, les milices devaient se réunir

Page 1