P. Norbert
2. Sedan avait six compagnies de miliciens, dont nue de mousquetaires, une de sergers et celle de la jeunesse. La compagnie des sergers portail un drapeau où était figurée une carde avec cette inscription : Ilac dente feriet leonem.
La milice sedanaise, après avoir échappé à l'édit de 1691, qui supprimait toutes les anciennes milices bourgeoises du royaume, se maintint, en subissant diverses transformations, jusqu'à la Révolution ; en 1790, elle devint la garde nationale sedanaise, qui mil à sa tête le colonel La Fayette.
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sur des points convenus. L'ordre était donné d'allumer, à l'approche des partis ennemis, des signaux de feu dans les clochers. En résumé, tout était prévu pour repousser les surprises du dehors. Au moment où l'on pouvait craindre avec raison, et où Fabert craignait effectivement que le duc de Bouillon ne vînt mettre lui-même le siège devant Sedan, à la léte des soldats de l'archiduc \ on reconnaîtra rpi'il y avait quelque habileté à associer ainsi à la mission de préserver la place contre les entreprises de l'ennemi les habitants armés en masse. C'était, comme l'a dit un des historiens de la principauté sedanaise, leur donner l'option entre la gloire et l'infamie"-. Ils répondirent unanimement à l'appel du gouverneur.
Tout en s'occupant, au dedans, de la sûreté de la place, Fabert s'attachait à conserver ses communications avec l'extérieur. Il transmettait régulièrement à la cour des renseignements précieux apportés par de nombreux courriers, sur les projets, les marches et les positions des troupes espagnoles et lorraines \
1. c( Le dépit que doit avoir M™ de Bouillon d'avoir réduit son mari au point où il est dans Paris, m'a fait croire que, ne pouvant plus rien espérer en France des choses qui peuvent la contenter, elle est capable de désirer que Sedan soit à l'Espagne, et de se satisfaire de quelque établissement de faste en son pays. Ce qu'étant, elle n'aurait pas peine à faire passer M. de Bouillon dans l'armée ennemie, et j'en pourrai avoir à porter le peuple à prendre les armes contre lui. » (Lettre (aut.) de Fabert à Mazarin, du 28 février, Arch. nul., KK, 1071.)
i. Iliatoire de l'ancienne principauté de Sedan, par J. Peyran, pasteur de l'Église réformée de cette ville, Sedan, 18-20.
3. Quoique les troupes lorraines se missent alors à la remorque de celles de l'archiduc, la régente était en pourparlers avec Charles IV
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Il s'entendait avec les gouverneurs de places, ses voisins, en vue d'entraver, parleur union solidaire, les desseins de l'euncuii. Enfin, et ce n'était pas là le moindre service qu'il rendait à la régente et à Mazarin, il faisait imprimer et ensuite répandre, en Champagne et sur la frontière, des bulletins de nouvelles destinés à rétablir la vérité, odieusement défigurée dans les relations des frondeurs parisiens et de leurs partisans '.
Tandis que Fabert donnait tous ses soins à l'organisation défensive de Sedan, le duc de Bouillon poussait vivement les négociations entamées sous ses auspices avec les Espagnols, pour conclure la paix en dehors d'Anne d'Autriche. Fort heureusement, les princes et les généraux qui menaient la campagne contre la régente et son premier ministre, ne se trouvèrent pas d'accord avec les parlementaires sur la question du concours à demander à rarchiduc. La défection de Turenne, que son frère rallia alors, on ne sait trop comment, à la cause des frondeurs, n'ajouta aucune force nouvelle à la résistance; mais elle surprit ceux qui connaissaient le caractère réservé du maréchal, Fabert entre autres. « J'avais su quelque chose de la mauvaise disposition de M. de
pour lui restituer une partie du duché et lui « donner récompense » du reste.
Sedan fut le rendez-vous des négociateurs de la cour et du duc. (Lettres de Fabert à Chavigny, pamm, Arch. nat., K, 118 A.)
1. Lettre de Fabert à Mazarin, du "28 février, citée ci-dessus.
Lettres aut. de Fabert à Chavigny, mars 16i9, passim. (Arch. nat., K, 118 A.)