LES EFFETS DE LA PAIX DE SAINT-GERMAIN
ïurenne, écrivit-il à Mazarin le 2(S février \ el l'on m'avait dit qu'il ne perdrait pas d'occasion de la faire paraître ; mais le croyant prudent, et voyant le bon état où Votre Eminence met les afiaires du roi, je n'eusse pas pensé qu'il se fût déclaré si légèrement
qu'il a fait 11 est certain qu'il ne prendra jamais
intérêt dans les affaires du duc de Bouillon que quand il voudra feindre un mécontentement qu'il ne pourra prétexter sur les siens. J'ai un extrême regret qu'il soit prêt d'en user de la sorte, pour le déplaisir que Votre Eminence recevra de voir la bonté qu'elle a eue pour lui si mal reconnue. » Dans sa réponse à Fabert, le 10 mars suivant"-, Mazarin s'exprima en ces termes sur le compte de Turenne : a II est déjà assez puni par le remords de sa conscience et par le misérable état où son imprudence l'a réduit, auquel je vous avoue que je ne saurais m'empêcher de compatir, quoiqu'il n'ait payé que d'ingratitude tant de tendresses que j'ai eues pour lui. » Le cardinal savait, dès cette époque, que Turenne, abandonné de ses soldats de l'armée d'Allemagne, s'était rendu justice à lui-même en cherchant asile auprès de la landgrave de Hesse-Gassel, au lieu de rentrer en France.
La paix de Saint-Germain (I" avril), espèce d'en- Ir'acte de la Fronde, qui vil le simulacre de réconciliation des seigneurs et des magistrats avec la régente, suivit de près les événements que nous venons de rapporter. Ses effets se firent sentir jusqu'à Sedan.