ARRESTATION DES PRINCES. — CHAVIGNY SORT DE PARIS
il voulait donner le change à ses ennemis. En laissant croire qu'il se montrerait favorable à Cliavigny, il induisit en erreur les adhérents politiques de cet homme d'État, et avant tout le prince de Condé, qui, n'ayant rien à craindre, resta désarmé. On peut dire que, dans cette circonstance, Fabert, en se faisant auprès de Cliavigny l'écho des bonnes dispositions apparentes de la cour, servit à son insu les vues du premier ministre. L'arrestation des princes eut lieu le 18 janvier.
Quant à Cliavigny, il fut traité moins sévèrement qu'onn'auraitpule croire ; le cardinal lui fit signifier par Fabert d'avoir à quitter Paris pendant six semaines; il tenait, semble-t-il, à ne pas démentir trop brusquement les assurances qu'il avait tout d'abord données à ce dernier.
A la nouvelle de la détention de Condé, la noblesse de province se souleva, et alors commença une nouvelle Fronde, la Fronde militaire, avec le maréchal de Turenne pour généralissime des IVondeurs alliés aux Espagnols du comte de Fuensaldagne, la duchesse de Longueville comme aide de camp improvisé du chef des rebelles, et la place forte de Stenay pour quartier général. Les chefs des anciens frondeurs bourgeois, le coadjuteur de Paris et le duc d'Orléans, restèrent neutres.
Au commencement de février, Fabert reprit le chemin de Sedan. Les bourgeois qui avaient des chevaux se mirent à battre la campagne aux environs de la place, pour lui éviter de tomber dans les eml)us-