DÉFECTION DU COMTE DE GRAÎSDPRÉ
cades que Turenne avait fait semer sur sa route*. A peine arrivé, il eut à donner ses soins à la conservation de Mouzon dont le gouverneur, le comte de Grandpré, était allé rejoindre, à Stenay, le camp des factieux"". Tandis que la mère et les parents du coupable, dans l'espoir de disposer Mazarin à l'indulgence, chargeaient Fabert de lui exprimer leur douleur, on apprit qu'il avait mis le comble à sa félonie en y ajoutant un acte de trahison à main armée : il s'était emparé de Reaumont. Mazarin se montra inexorable dans la résolution qu'il avait prise de punir ce double crime". Quant à la tâche imposée à Fabert, elle lui fut rendue facile par le bon vouloir qu'il trouva chez les habitants de Mouzon *. En outre, grâce à sa vigilante activité, Mazarin, Le Tellier, le marquis de la Ferté-Senneterie, gouverneur de Lor-
1. Lettre (aut.) de Fabert à Chavigny, du 9 février 165(1. {Arcli. nat., K, 118 A.)
2. Lettre (cop ) du roi au marquis de la Ferté-Senneterro, du 30 janvier. (Arch. D. G., t. CXX.)
Lettre (aut.) de Fab(!rt à Chavigny, du 9 février, déjà citée.
Lettre (cop.) de Mazarin à Fabert, du 18 février. {Arch. a/f. éli\. Recueil spécial, t. XX.VIII.)
Quelque temps avant sa défection, de Grandpré avait protesté de ses sentiments de fidélité au roi. Médiocrement confiant dans les assurances données par cet officier, Mazarin s'était empressé d'écrire à Le Tellier : « Il faudra tâcher de le gouverner, et le conduire par le moyen de M. Fabert, en qui il a confiance ». (Cop. du 7 février, Arch. (ilf\ étr., France, t. CXXXl.)
3. Lettres (aut.) de Fabert à Mazarin, des 13 fi'-vrier et 2 mars (Arch. nat., KK, 1071.)
Lettre (min.) de Mazarin à Fabert, du 23 février. (Arch. vat., KK, 1075.)