ÉPOUSE CLAUDE DE CLEVANT
cliarnies de son esprit, la rendaient digne de lui. En honnête homme et loyal soldat, il ne voulut pas lui laisser ignorer sa résolution mûrement arrêtée de continuer à servir le roi, de son épée, et d'employer à lever un régiment la dot qu'elle lui apporterait; il poussa la délicatesse jusqu'à lui dépeindre l'existence triste et précaire qu'il entrevoyait pour elle s'il était tué à la guerre ou si, seulement, son ambition, qui lui faisait rechercher les plus hautes dignités militaires, venait à être déçue. La jeune fille lui déclara qu'elle était prête à partager sa destinée. Il ne restait plus qu'à signer le contrat. Quelques dissentiments s'élevèrent alors entre le père de Fabert et Collignon Richard, aïeul de la future. Celui-ci, d'un âge avancé, augurait mal du sort de ses biens livrés à un aventureux capitaine ; aussi, contrairement à ses premiers engagements, avait-il réduit de cinquante à vingt mille écus la part de succession à prélever au profit de sa petite-fille. Il mourut sur ces entrefaites, mais rien ne fut changé à ses dernières volontés par Dominique Richard, devenu l'héritier de sa fortune. Ce manquement à la parole donnée, dont Fabert pouvait légitimement s'autoriser pour retirer la sienne, ne le détourna pas de ce qu'il croyait devoir à M"' de devant. Il accepta généreusement les nouvelles conditions qu'on lui imposait. Aussitôt, l'union projetée reçut son accomplissement (octobre)'. Onanl à l'apport de sa femme, il vint grossir les cajtitanx
1. Daas les Mémoires de Fabert, on lit ca marge, à liauleur du
DEVANT MOYENVIC. :jl
consacrés à l'exploitation des forges de Moyeuvre. C'était le moment oii Richelieu triomphait en Allemagne par l'épée de son allié Gustave-Adolphe, et menait à honne fin, en Italie, les négociations entamées pour obtenir la paix. La reine mère, retirée en Flandre, n'entravait plus ses projets politiques, et le roi, soumis à sa volonté, lui abandonnait les destinées du royaume. Mais une faction subsistait encore : elle avait pour chef l'ambitieux Gaston d'Orléans. Charles IV venait d'accueillir ce brouillon dans sa capitale. Richelieu, l'œil ouvert depuis longtemps sur les menées du duc qui faisait de ses Etats un foyer d'intrigues contre la France, trouva enfin le moment h\orable à la réussite de ses desseins sur le duché de Lorraine. L'évêque de Metz ' revendiquant Moyenvic comme dépendance de son évêché, il déclara appuyer ses prétentions. Pendant que Charles IV appelait les soldats de l'Empereur dans cette place, Fabert recevait du roi l'ordre d'aller en reconnaître les ouvrages. Il y pénétra, déguisé en paysan, et en leva le plan, qu'il envoya au roi. Le stratagème qu'il imagina pour s'en emparer par surprise échoua
mot Mar'uKje, mis par lui en vedelte, l'indication SLiivaulc qui est également de sa main : « En octobre 1G31. »
Nous avons quelque peine à croire que Fabert ait pu se tromper sur répoque qu'il assigne à son mariage. Néanmoins, le P. liarre, dont l'exactitude comme clironologislc est rarement en défaut, place cet événement le 13 novembre. D'un autre côté, Anselme (Histoire généalogique) lui attribue la date du 12 septembre. Eidln, dans la généalogie manuscrite des Fabert et des devant (Dibl. 7ia<.),dé.jà citée, 011 trouve la date du 13 se[itembre.