I. Henri de Bourbon, frère de la ducliesso de la Valette
32 AU SIÈGE DE TRtVES.
malheureusement par suile du manque de concours du détachement chargé de l'attaque. Moyenvic, assiégé en règle par les troupes royales, capitula (27 décembre) après quinze jours de tranchée, et Charles IV signa entre les mains de Louis XIII, qui était venu à Metz, le traité de Vie, commencement de sa déchéance.
En Wà% le régiment de Rambures faisaitpartie du corps d'armée envoyé, sous le commandement du maréchal d'Effiat', au secours de l'électeur de Trêves. Pendant cette campagne, Fabert dirigea, sous les ordres du vicomte d'Arpajon, maréchal de camp, une partie des travaux du siège de Trêves, et, en contribuant à repousser une sortie de nuit des Espagnols , hâta l'heureuse issue de l'expédition (août).
Cependant Charles IV, avec Gaston d'Orléans, son beau-frère, pour complice, ne se lassait pas de comploter contre la France. Le traité de Vie et celui de Liverdun, qui l'avait suivi, restaient inexécutés, du moins en partie. Richelieu n'eut pas de peine à convaincre le roi que l'occasion était propice pour faire main basse sur le duché de Lorraine. Ordre fut donné au marquis de Saint-Ch amont - de s'avancer avec quatre mille hommes vers Nancy. Fabert marchait avec ce coi'ps, qui s'empara de quel-
1. Le maréchal d'Effiat mourut peu de temps après et fut remplacé par le maréchal d'Estrées. *
"2. Melchior Mittc de Chevrières-Miolans, marquis de Saint-Chamont, lieutenant-général.
DEVANT NAiNCY. 33
qucs convois et jeta l'alarme jusque dans les faubourgs. Sur ces entrefaites, Louis XIII, accompagné de Richelieu, se rendit au camp devant Nancy, afin d'activer les travaux d'investissement ; il lit à Fabert l'honneur de le consulter sur l'emplacement et la construction des retranchements à élever autour de la ville. On sait comment Charles IV, à bout d'artifices, signa alors à Charmes (septembre 1033), après de cruelles hésitations, un traité dont l'inexorable cardinal régla les articles, et dont une des clauses stipulait la remise de Nancy entre les mains des Français, sans fixer nettement la durée de ce dépôt. Aussitôt après l'enli-éc de l'armée royale dans la capitale de Charles IV, Fabert eut ordre de Sa Majesté de rédiger un règlement pour la garde de la place et la police des troupes. Il ne pouvait lui échapper que la garnison française de Nancy aurait beaucoup à redouter pour sa sûreté de la part d'habitants dévoués à leur prince, exaltés par le malheur et jaloux de leur indépendance. Persuadé d'ailleurs que « le caractère général des Français est de s'en rapporter uniquement du soin de leur conservation à celui qui les commande », il traça dans ce règlement, avec une rigueur minutieuse, toutes les prescriptions que commande la prudence, et dont son expérience, mûrie par l'étude, lui avait révélé la nécessité.
L'occupation de Nancy complétait les traités de Vie et de Liverdun, qui avaient mis Marsal, Jametz, Stenay et le Clermontois aux mains de Louis XIII. « C'est à ce coup que la France trouve sa sûreté et