CHAVIGNY RENTRE AU CONSEIL
Tandis que Mazarin se dirigeait de Bouillon sur Brûhl, la régente appelait Cljavigny dans le conseil d'en haut. Sept semaines (16 février-!" avril) séparent cet événement de la mise en liberté des princes. Les rapports de Fabert avec Cliavigny sont intéressants à connaître pendant cette période. Aussitôt après le retour des princes à Paris, Fabert avait pressenti le changement de fortune qui se préparait pour son ami. Dès lors, il aurait voulu l'arracher à la vie retirée où il se tenait comme enseveli au fond de la province, et lui voir prendre, auprès de la reine, la place pour laquelle il sembkiit naturellement désigné depuis le départ de Mazarin ^ ft Quand je pense, lui écrivit-il, aux services que vous avez
particuliers; après quoi je mandai qu'on leur ouvrit les porte-. Mais, de crainte qu'ils ne fissent quelque acte dans l'hèlellerie, je m'y rendis quasi aussitôt qu'eux, et les obligeai à venir dîner au cliàteau; après quoi je leur fis voir la place, et les mis dans leur carrosse pour s'en retournera Mézières, d'où ils étaient venus. Ils me demandèrent, plusieurs fois, d'ouïr quelques personnes sur le fait de leur mission, ce que je ne voulus pas leur permettre qu'en Aie mo :trant une commission paiticulière pour cela, scellée du grand sceau, laquelle ils n'avaient pas.
» Je Imir dis sur le sujet de S. E. et de son passage ce que je crus être obligé de leur dire. Ils ne résistèrent à rien, et témoignèrent encore à d'autres qu'à moi qu'ils n'avaient rien trouvé ni mis dans leur procès-verbal qui ne fût contraire à l'intention de ceux qui avaient fait donner l'ai rôt du 11'^ de mars, pensant nuire beaucoup à W le cardinal. »
I. Lettres faut.) de Fabert à Cliavigny, de février et mars, passim. [Arch. nat , K, 118 A.)
(( Je ne saurais pas vous voir cbargé du principal emploi ni dans la première place que je tiens périlleuse à merveille, jusques à ce que le roi sera en âge, mais je souliaiterais être certain que vous ne refuseriez pas de vous rapprocher des affaires jusque seulement y avoir quelque part. » (Lettre du U mars.)