FAUSSE SITUATION DE CHAVIGNY
j'aurais eu grand torl d'empêcher M. le cardinal do passer par ici pour aller où il lui est ordonné. Si ceux qui prennent l'autorité des affaires sont d'humeur à me pousser sur cela, il est croyahle qu'ils entreprendront, encore d'autres choses qui feront bientôt connaître aux gens de bien -la nécessité qu'il y aura de s'opposer à la ruine de l'autorité royale. Mais il est plus à craindre, ce me semble, que ces messieurs ne puissent s'accommoder ensemble, que d'appréhender qu'ils soient si puissants que rien ne puisse leur résister avec justice ^ »
Lorsque cette lettre arriva à Ghavigny, la régente venait de lui rouvrir les portes du conseil. Fabert en reçut une impression de vive satisfaction. « Cette action de la reine, lui écrivit-il, m'a donné pour son service une passion inexprimable". » Aussitôt, il le pressa de s'employer, « pour le bien de sa maison », à recouvrer sa charge de secrétaire d'État et le gouvernement du bois de Vincennes. Au risque de lui déplaire, il le prévint que le cardinal a était aussi bien dans l'esprit de la reine qu'il eût jamais été ^ ». Conseiller de la régente à côté de Servien, Lionne et Le Tellier, Chavigny dut s'apercevoir de bonne heure que Fabert disait vrai. Jamais situation à la cour ne fut plus fausse que la sienne. Il la partageait, d'ailleurs, avec le prince de Condé, détaché depuis peu de la Fronde.