AVANCES DE MAZARIN A CHAVIGNY PAR LE MOYEN DE FABERT
Mazarin ne disposait plus des mêmes moyens qu'autrefois pour déjouer les manœuvres de ses adversaires; mais il continuait à être instruit, par les amis qui lui restaient, de tout ce qui se faisait et se disait contre lui. Grâce à l'appui secret de la reine, il put, sans être obligé de prendre une posture de suppliant, demander à Fabert de cimenter entre lui et Chavigny « une étroite et solide amitié ^ ». Peut-être espérait-il arriver, de cette manière, à lier les mains de son rival, déjà fort gêné dans ses mouvements. Quoi qu'il en soit, ses avances ne lui portèrent pas bonheur. Chavigny s'en servit pour se vanter que le cardinal lui avait fait offrir par Fabert la charge de M. de Brienne et la confiance intime de la régente, en retour des bons offices qu'il sollicitait de lui -. Ce propos devint bientôt un bruit public. Mazarin s'en inquiéta. Il prit Fabert à témoin de l'attitude pleine de réserve qu'il
1. Lettre (cop.) de Mazarin à Fabert, du 27 mai. (Arch. aff. étr., Recueil spécial, t. XXIX, et Bibl.nat., Recueil Cangé, t. LXVI.)
2. Lettre (cop.) de Mazarin à Fabert, du 28 avril. {Aixh. a/f. étr., Recueil spécial, t. XXIX.) Cette lettre commence ainsi : « Je vous dirai, dans la dernière confiance, que Penacors est venu ici à la prière de M. de Noirmoutiers pour me faire savoir, de la part de M"" de Chevreuse, qu'à présent que par la rupture du mariage de sa fille [avec le prince de Conti], elle n'avait plus d'engagement, et s'offrait de rae servir si je voulais, dont elle avait des moyens infaillibles,
qu'elle et ceux de sa famille s'y emploieraient avec clialeur et qu'il
fallait seulement que j'écrivisse une lettre à la reine, afin que S. M. prît
confiance en la dite dame Je lui ai répondu que je ne songeais ici
qu'au repos et à la retraite. . . ne désirant pour toutes choses que la réparation de mon honneur. »
Lettre (aut.) de Fabert à Mazarin, du 7 mai, chiffrée en partie. {Arch. afl- étr., France, t. CXXXIU.)